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Je me suis réveillée ce matin, reposée, mais avec le sentiment que j'allais manquer le train! Encore des cadeaux pas ficelés! Quoi mettre sur la table! Ma dernière chance pour sauter dans le train en marche ... Voilà, je suis debout, je m'apprête à courir ... Moi qui a essayé de me rattraper dans mes amitiés, revoir des copines négligées, mais au téléphone, elles me disent toutes qu'elles popotent ... Pourquoi je ne fais pas comme tout le monde!
Une petite neige dehors. Dans les rues, nous ne sentons pas les airs des fêtes. Je crois que certains travaillent encore. Au marché, à grands flots un employé nettoie les aires de parking. Ça sent plutôt la fin d'une année, la lassitude. Même pas de musique d'ambiance dans ces lieux qui abusent d'habitude de toutes les chansons populaires. Le fameux rôti est acheté. Sur le coup de l'inspiration, je glane une vingtaine de tomates de serre pour les farcir aux crevettes. À la caisse, j'ai failli m'étouffer: seize dollars de tomates! Un hors-d'oeuvre plus que dispendieux! Le frigo est plein, demain le four fera son oeuvre ...
Cet après-midi je vais au coiffeur. J'aurai pu m'en passer mais enfin, je saute dans le train où pas! In extremis, je revise la liste des cadeaux: il va falloir que je me grouille! Les cartes de souhaits virtuelles commencent à arriver, les miennes sont à moitié expédier. Je vais commencer à tricoter un chandail pour moi qui sera prêt dans ... six mois! C'est plus qu'un divertissement aux heures creuses de fin d'année! Enfin, si je ne l'abandonne pas en chemin ...
Nos plans pour partir dans le nord pour trois jours ne semblent pas encore se placer. Le gendre commence à travailler, les fils veulent aller skier, mais avec des amis et dans l'Estrie, plutôt que les Laurentides. Le père fait chauffeur et moi ... je l'accompagne! Je vais devoir décommander une amie que j'ai invitée à se joindre à nous. Depuis quelque temps, nous mettons tout en veilleuse, tout est conditionnel aux besoins des enfants. Nous en faisons peut-être trop, on dirait que tacitement, nous acceptons qu'ils soient notre ultime fonction.
Voilà, petit à petit, le train va loin ...
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