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Depuis hier je suis triste. Un vague-à-l'âme sans fond. Sans fin non plus. Pourtant ma famille est là, mes fils vont bien, ma fille est là. Sauf que moi, je suis quand même dans mon monde intérieur, seule. Quand je ne me sens pas bien, je me replie dans un projet, toujours en solitaire. Faire un casse-tête, un tricot, écrire. Se retrouver seule devant soi. Quelque part, un moment donné, je serai apaisée et contente, alors j'émergerai. En attendant, tout me fatigue, les autres me déçoivent et, mon double, pauvre double, il ne peut pas ouvrir la bouche sans que je ne trouve qu'il parle de travers, qu'il respire fort, qu'il mange mal. Bref, qu'il ne soit de trop, sans qu'il ne fasse rien!
Si je me met à chercher une raison, je trouverai plusieurs, mais aucune n'est la bonne, alors que toutes sont les bonnes. Si je m'ausculterai, je dirai que je ne suis pas satisfaite, de tout et de rien. Si je cherche un coupable, je dirai que je suis déçue, de personne et de tout le monde. Puisque mes mots sont acerbes et acides, alors je me tais et je m'endure.
Aujourd'hui, en mangeant une soupe à midi, ma soeur disait qu'elle me trouve triste, s'il y a quelque chose qui ne va pas. Je disais non sans plus, mais j'avais envie de pleurer. Pour rien, comme maintenant. C'est rien! Ce n'est pas une poussière dans l'oeil, mais la pleine lune qui passe ... et la marée, ma marée mensuelle ... Voilà deux coupables sur le dos de qui on peut en mettre large!
hier |