|
Hier soir, au retour de la pièce "La nuit des rois" de Shakespeare au Théâtre du Nouveau Monde, je suis restée alerte. Un petit tour au sous-sol me fait sortir deux caisses de laine non tricotées. Depuis quelque temps, mes doigts me démangent. D'habitude, au congé des fêtes, pour tromper l'ennui (!) je faisais un casse-tête, mais je n'ai plus de place pour accrocher d'autre casse-tête monté en tableau, ou plutôt, je ne suis plus prête à payer les frais d'encadrement! Alors voilà, je repense au tricot ... Même si je ne suis pas experte, j'ai quand même déjà tricoté une veste de laine qui était trop grande pour mon mari, c'est le beau-frère qui en a hérité. Une autre veste pour moi (trop grande aussi, je ne faisais qu'à ma tête avec la grosseur d'aiguilles et de laine!), un manteau que ma fille avait porté longtemps, une robe en mohair blanc pour un Noël il y quinze ans (depuis, elle ne veut rien savoir de la laine, puisque ça pique trop!). Quand aux garçons, ils n'ont eu que des cache-coeurs quand ils étaient bébés ...
Depuis hier, déjà que le débit des mails est presque à zéro, le forum des yersiniens est désert, on dirait que l'air épaissit et que j'étouffe ... Malgré l'heure tardive, c'était important de soirtir les laines, me préparant à un projet qui fera marcher ces doigts ... Si je pourrais lire un peu, peut-être dans quelques jours. Il me semble qu'une fatigue mentale m'empêche de penser, de me concentrer. Si je peux clore un moment la tête qui marche, clore un moment le regard intérieur qui scrute, qui jauge et qui balance. Clore une page, prendre une pause, pour mieux éclore ...
Les fils ont terminé leurs examens, clos une étape ... Un des fils me dit qu'il fera une orientation vers les sciences, moins de vingt-quatre heures plus tard, c'est déjà autre chose ... Un autre vingt-quatre heures, il rechange d'avis ... ah, clore cette période de tergiversations!
Après trois jours, le déménagement de ma fille est terminé, clos le sujet pour dix-huit mois au moins (ils ont signé un bail de dix-huit mois). Elle vient d'appeler pour qu'on aille manger ensemble, et ... au cinéma peut-être, je souris de ce voisinage. Mon mari fait le bougon: "Ah, non, lâches-moi, qu'on ne les ait pas sur le dos tout le temps!" Il fait son frais, mais voilà qu'il est tout prêt à faire le chauffeur aux fils, et leurs copains et copines, pour des journées de ski. C'est loin d'être clos notre "job" de parents! Il faut croire qu'on s'y plaît!
hier |