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Ce n'est pas que c'est si renversant, sauf que c'est débordant de multiples détails comme dans la vie de bien des gens, j'imagine. Comme d'habitude pour moi donc, mais pour une des rares fois, je me sens débordée! Ce matin je me préparais, entre le mail, le chat et le téléphone, à prendre une douche, m'habiller et partir. Eh bien je faisais tout cela, tantôt en tenue de nuit, tantôt toute nue, ou à moitié habillée, les cheveux mouillés ou à peine séchés, de ma chambre, du bureau ou dans le vestibule, comme dans la salle de bain!
Je disais non au garçon du Viêt-Nam qui veut venir m'apporter un cadeau envoyé par sa mère, je disais oui au gendre qui veut passer, en lui disant que je lui laisserai la clé collée à l'extérieur puisque je n'y serai pas. Je disais oui, oui pour aller chercher deux caisses de vin pour une réception prochaine, je disais oui encore, pour passer à la banque vérifier un détail pour quelqu'un d'autre. Et je vois une cliente à midi, pour manger une mauvaise soupe à une heure trop indécente pour une diabétique! Et je vais au marché avec mon mari qui ne doit pas forcer son bras gauche en traitement de physiothérapie. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire: je fais les emballages, je transporte comme je peux! Et je vais à la société des alcools pour ce fameux vin, et mon sac accroche une bouteille qui ne s'est pas cassé, mais quand c'est le tour de mon manteau dans les allées regorgées de bouteilles pour les festivités prochaines, j'ai accroché trois (!) autres bouteilles, dont une seule s'est fracassée. Vous voyez le portrait: l'employé qui va vite chercher la serpillère et la pancarte indiquant l'allée glissante, et moi au bout des rangées, je n'osais plus m'y faufiler! Ah là là ...
16h30, enfin je suis au perchoir, mais mon fils le lunatique a perdu les coordonnées de son rendez-vous, une chance j'ai un numéro de téléphone ... je le conduis donc au centre-ville. Me voilà de retour, plus le temps pour faire à manger. C'était plutôt le temps de motiver les deux autres fils et le mari à laisser, qui sa télé, qui sa sieste, ou son clavier, pour partir rechercher l'autre garçon, manger un morceau et ... aller au concert de l'Orchestre Symphonique de Montréal.
Laissez-moi d'abord vous expliquer que les billets ont été achetés depuis le mois de Mai, et que je n'avais pas consulté les fils, pensant faire un cadeau. Et bien, ils sont venus à reculons ..., me reprochant de ne pas les avoir consultés, que ce n'est pas leur genre, vous voyez l'affaire.
Bref, l'OSM s'est produit à la basilique Notre-Dame, sous le thème "Chantons Noël", Bruno Pelletier vocaliste, avec un enregistrement sur place pour un disque. Nous étions juchés au jubé, l'église est en beauté. Devant le parvis, un père Noël sonne la cloche, les lumières, la foule, c'est apaisant ... Si ce n'est pas ça qui nous met dans l'ambiance, eh bien Noël cette année est en voie d'être raté! Vous ai-je dit que je n'ai pas un cadeau d'acheter encore, même pour les petits enfants du clan. D'habitude c'est réglé depuis octobre! Plusieurs détails de plusieurs affaires en suspens m'empêche de m'y consacrer ...
Il se fait tard, nous voilà bien avancés dans le prochain jour, mais je tiens à écrire ce qui précède, en plus d'arroser les plantes en pleine nuit ... J'avais déjà perdu une fleur d'orchidée, trois autres sont très tristes, je ne pourrai les sauver ... C'est qu'elles n'ont pas de voix, ni mail, ni chat, ni téléphone, pour venir me chercher, alors je passais mille fois devant elles, sans un regard. Tout comme pour les pauvres, les faibles, les sans voix de cette terre, humains et autres.
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