05 décembre 2002
Je ne dors pas

Par trois fois j'ai fermé cet ordinateur, la dernière fois j'étais même au lit. Mais voilà, je ne dors pas! ... Tout aussi bien se lever pour faire ce qui me fatigue tant!

Hier, j'ai utilisé le terme de "nomades", cela a dû surprendre certains. C'est dans le sens que définit Jacque Attali dans son Dictionnaire du 21è siècle. Comme mon livre est au nid du Nord, une recherche sur gogle m'a donné ceci:
La liberté suppose le droit de changer, de producteur, de consommation, d’employeur, d’employé, c’est par excellence le règne de la précarité revendiquée comme expression suprême de la liberté. Pour survivre on peut retrouver des utopies religieuses, construire un projet autour du divertissement au sens pascalien du terme , la démocratie, le marché, les distractions : c’est le monde actuel dans lequel le tourisme est en passe de devenir la première industrie mondiale, où le voyage est l’expression du moi d’abord, la négation du collectif, comme dans le voyage de la drogue. Il définit trois sortes de gens, les nomades riches, nous, les nomades de misère, les migrants, au milieu une classe moyenne qui se nourrit du nomadisme virtuel de la télé, des jeux vidéo, qui contemple le voyage des autres..

J'ai cité large, faute de trouver une référence exacte. Mais une recherche sur Jacques Attali donne une idée assez vaste de l'homme et de sa redéfinition du monde. Le personnage m'a toujours fascinée. Voilà que j'emploie son vocabulaire, alors que je comprend obscurément mon fils, représentant de l'ordre nouveau, dans le monde dans lequel il est élevé, c'est-à-dire, un peu encadrant, un peu strict, un peu classique et légèrement décalé sur l'avancée du 21iè siècle. Encore est-il que j'essaie d'être sobre en écrivant ce qui précède, alors que j'adhère totalement au langage Attali, comme celui de Ricardo Petrella. Je me souviens très bien, ce dernier disait aux jeunes de faire l'anarchie carrément!

Je sais, avec ces deux liens, je viens de vous faire relire deux de mes entrées d'il y a trois ans, geste narcissique pensez-vous. Mais c'est pour vous dire que ces idées m'habitent depuis quelque temps, il a fallu l'effort de comprendre mon fils, un garçon sans histoire, pour que je repense le monde pour interpréter un infime rouage. Ce peut-il que "la résistance passive" est le contraire de l'anarchie? Ce peut-il que l'anarchiste, alors qu'il casse la baraque, ne se cassera pas lui-même, de l'intérieur?

Je sais qu'il y a encore beaucoup à faire, pour incarner d'une part, l'ordre établi, aussi chaotique soit-il (il n'y a qu'à se référer à l'actualité mondiale pour constater l'état du chaos!), d'autre part, suivre et soutenir la génération future qui changera ce monde, au prix de l'anarchie s'il le faut. Au fond, mon fils n'a peut-être comme problème que de l'énergie mal canalisée, et qu'il est tiraillé sans le savoir, à la frontière du nomadisme virtuel auquel il souscrit totalement, et le monde effréné dans lequel il est appelé à vivre et agir. Est-ce le propre de l'adolescence?

Peut-être devrai-je arrêter de lui dire qu'il est un bon garçon ... Peut-être pourrai-je aller dormir là ...

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

1