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Il n'est que 1h du matin, j'écris pour le nouveau jour, alors que le goût de l'ancien est encore présent. Hier, à la tombée du jour (ce qui veut dire si tôt, vers 16h30!), j'ai fait comme si je bouffais du chocolat, pour compenser un dépit! Je faisais le marché au Costco tout en dépensant plus en livres qu'en bouffe: enfin, après un an, je me suis payée la dernière trilogie de Marie Laberge, à beaucoup moins cher qu'au Salon du livre. Il y a aussi le Robert senior anglais-français pour l'avoir sous la main, alors que mon Robert-Collins est disparu au sous-sol sans espoir de retour (j'espère que les fils savent convertir le Robert-Collins en bonnes notes, parce que leur vocabulaire de chatroom ou de jeux électroniques est bien limité!). Et, troisième achat: Un gros livre bleu, "Le livre des sagesses" convoité depuis quelques semaines (hum, l'odeur du beau papier et de l'encre, sans compter "l'aventure de la spiritualité" promis en sous-titre!). Voilà pour le chocolat!
D'autres ne peuvent arrêter quand ils mangent des bonbons sures, douces amers que je préfère les qualifier! Dans la bouche ou sous les dents, il y a comme un choc agressant, puis un goût envahissant. Une grimace et deux bonbons plus tard, on est accro! Tout le paquet y passe, même lorsque la petite douleur lancinante dans la dent fissurée est réveillée, ou que l'estomac se barbouille. Il en va de même pour le film "Frida" que j'ai revu. La cadence musicale, les couleurs vives me réveillent comme une onde de choc, puis la grimace de la conservatrice moraliste aux premiers écarts, ensuite je suis fascinée et attendrie jusqu'à la fin. J'en ressors, le coeur barbouillé, l'esprit exalté et ... la vie quotidienne me semble bien terne et mes ennuis bien minces. Et toujours la même question: "C'est quoi le but de la vie? de ma vie?" J'ai de quoi à répondre pour le reste de mes jours ...
Peut-être que le but est de bouffer du chocolat ou des bonbons douces amers. La vie même est du chocolat ou des bonbons douces amers, à prendre ou à laisser, selon chacun. En profiter ou en mourir, selon chacun. Tous, ou presque, repartent et reviennent, bouffent et re-bouffent. Sans rien apprendre. Sans laisser de trace. Certains, les sens à vif, griffent à leur tour et laissent leurs marques, sur la matière, sur la nature, sur la mémoire des autres. Le plus dur pour moi c'est d'accepter de faire partie des "tous, ou presque". Mais tant que la vie se poursuit, il est donné à certains de prétendre encore à laisser ses marques quelque part, certaines plus éphémères que d'autres. J'avoue cette prétention encore ...
Mon mari, voilà deux fois que nous voyons ce film, me dit à chaque fois: "Elle me fait penser à toi!" Il n'est pas très fort pour décrire les nuances, ou mettre le doigt sur la substance, ou dire les mots qui résument le tout. Mais je le comprend et me comprend. J'ai peut-être juste passé à côté d'un plus grand destin et me rattraperai dans une prochaine vie, ou dans celle-ci, un jour ...
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