23 novembre 2002
C'était ...

C'était hier soir, 22h, je revenais du souper chez mes parents, je venais de me connecter, j'allais vous raconter ce qui devrait ressembler à ceci:

Une bonne journée! J'ai conclue la négociation entreprise hier, en faveur de mon client. En après-midi, j'ai rencontré une diariste. Certains d'entre vous savez ce que c'est: la petite palpitation d'avant la rencontre, la petite crainte d'une déception, mêlée à une certaine excitation d'avoir suivi son flair! Une belle rencontre je peux vous dire, deux heures plus tard. Il y a de ces surprises agréables qui ne se passent que quand le virtuel devient réel, quand deux destins parallèles se croisent, non pas pour s'aliéner mais s'accompagner à distance. Il y a de ce respect indéfectible pour l'autre, qui qu'il soit, d'où qu'il vient, tel qu'il est, n'importe où qu'il va. Je me surprend à rêver: entre compagnons et compagnes de choix, si tout le monde est libre d'être lui-même, comme dans mon salon, alors peut-être que mon salon pourrait s'agrandir jusqu'à mon village et mon monde. Le nôtre, le nôtre assurément.

J'allais vous raconter aussi que j'ai été en vadrouille dans la ville et les quartiers et que j'ai décidé de ne plus être en rade en attendant le feu d'artifice du siècle. J'ai attendu depuis quelque temps une étincelle, elle est venue je ne sais pas trop comment, venant de quelque part. Curieusement, mon feu intérieur s'est allumé, et voilà que je brûle d'une flamme rassurante. Mon chemin est clair, ma route dessinée. J'ai du travail bien sûr, mais qui a peur du travail ... Le meilleur est que mon compagnon de tous les temps y est toujours, comme dans une chanson à réponses, il est là, donnant sa réplique, devançant même. Je sais, je suis chanceuse ...

J'allais vous dire que le souper était sympathique, que mon père y mettait un point d'honneur de faire un ménage de sa maison et de mettre une belle table soignée, que ma mère a usé de son talent de cuisinière pour mettre les petits plats dans le grand et que malgré tout, ils se sont enfargés un peu en ajoutant un autre couvert pour une autre de leur fille ... avec ses trois moussaillons, ce qui a attiré le débarquement d'un autre de leur fils et sa femme et deux autres enfants. Le petit diner élégant s'est transformé en réunion de demi-clan, galop des petits pieds compris, essoufflement des plus vieux en prime.

Donc, j'allais vous raconter hier soir, vers 22h, mes bonheurs du jour ... Le téléphone a sonné, une de mes soeurs que je viens de quitter il y a une demie-heure m'annonce d'une voix défaite: "Il y a le feu chez nous, les pompiers sont là!" - "J'arrive!", que j'ai dit ...

Nous avions dû laisser la voiture au coin de la rue, galoper à côté de trois voitures de police, quatre camions de pompier. Des boyaux d'incendie partout, alors qu'il pleuvait un crachin. Au moins trente pompiers sont accourus, la maison au bout de la rangée, était éclairée aux puissants projecteurs. Des pompiers partout! Le feu est maîtrisé. Deux soeurs sinistrées en fait, puisque l'une habite en haut de chez l'autre. Dans la maison mitoyenne, des jeunes faisaient un party, ils étaient quatre-vingt. Les pompiers ont eu droit à des photos souvenirs, les jeunes ont eu leur party mémorable. Le beau-frère, qui a oublié un caquelon et de l'huile sur le feu pendant pas plus de cinq minutes, en a perdu son latin. Lui qui tient à sa maison comme à la prunelle de ses yeux, son piano à queue, son cinéma maison ...

Ils ont dormi à l'hôtel, les deux familles, heureusement les enfants étaient en visite ailleurs pour la nuit. J'étais revenue au perchoir, trempée et épuisée. Ce matin, samedi, je me suis réveillée plus tard, convaincue que mes fils ont raté l'école ... Nous sommes allés offrir présence et conseils. Ils sont venus emprunter caméra numérique pour prendre les photos des lieux, bottins téléphoniques pour s'organiser, etc. Et le reste du clan qui téléphone aux nouvelles! Quelle affaire!

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