13 novembre 2002
Le goût du jour

Ce que je mange ne goûte pas, mais je continue à m'en mettre dans la bouche ... Ce matin, ce midi, ce soir ... Machinalement, comme pour faire du mortier qui collerait ensemble mes fragments d'occupations. On dirait que mes jours ne m'appartiennent pas, remplissant mon agenda de demandes diverses des autres, des besoins flous, des voeux pieux ... Je ne suis pas le pèlerin sur une route à voie unique, mais le bâton de pèlerin des uns et des autres ... Je me sens fragmentée aujourd'hui. Et je mange, sans faim ni goût! Difficile de dire que je mange mes émotions, puisse que je ne sens rien, ni peine, ni joie, sans tension, sans pression. Mais il y a ce vide sans nom que je comble obscurément, et ce gris indéfini que je colore comme je peux, papillonnant d'une occupation à une autre ... Est-ce pour chercher une palette de couleurs qui finissent par égayer d'un seul coup, mon ciel et ma terre, mon présent et mon futur?

J'ai vraiment besoin d'aller vers mon nid bientôt. Pour avoir froid, puis chaud, pour palper la plénitude du silence avant de revenir me plonger dans un brouhaha qui trouvera peut-être un sens. Ce vague mélange glauque des deux finira par me donner la crève, comme des vêtements détrempés donnent le rhume. Dans le fond, j'ai peut-être besoin de certitude, beaucoup de certitudes, puisque j'ai au moins celle de respirer encore, parmi des gens que j'aime et qui m'aiment. C'est bien là, le mur de certitudes sur lequel mon dos s'appuie. Mais je veux d'autres, pour pouvoir avancer ...

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