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Voilà deux fois que nous achetions de beaux bouquets de fleurs, l'une pour l'ancienne voisine rendue à Lévis, vous vous en souvenez, l'autre pour ma soeur qui nous avait reçus hier. Je me suis réconciliée avec les fleurs coupées. Faute de m'engager à offrir un cadeau trop personnel pour la première, ou un cadeau inutile pour la deuxième qui a déjà tout, les fleurs furent tout à fait de mise. Et puis les fleurs font toujours plaisir, puisque 99% d'entre nous n'en reçoivent pas à satiété ... Finalement, offrir des fleurs, c'est l'art de vivre sans trop se compromettre.
Je voulais déjà écrire un mot sur le sujet, voilà que je lis l'histoire de fleurs d'Eva. Je sais que nous ne parlons pas des mêmes fleurs ni des mêmes circonstances, mais les significations sont bien opposées. Les siennes sont engageantes, alors que les miennes désengagent jusqu'à n'être qu'un geste social, sans conséquence. En ce moment, j'apprécie cette neutralité. En ce moment, je ne m'engage instinctivement que dans la sauvegarde de la santé mentale et physique de mes enfants. À la fleur de mon âge, ils sont mes fleurs et mon pollen. Ils justifient mon existence et ma quotidienneté. Ils sont mon ici et maintenant.
Longue conversation avec ma fleur sage de fille. Des inquiétudes avec ma fleur sauvage de fils, alors que l'autre s'épanouit et que l'autre encore mature doucement. Je ne peux qu'être là, le plus naturellement possible, vigilente sans anticipation, prudente tout en regardant les choses en face. Mais une inquiétude de mère, c'est pernicieux et je compose avec comme je peux. Être sur le qui-vive, n'est-ce pas une attitude toute maternelle ...
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