03 novembre 2002
Mes fils et moi

Un vendredi soir presque comme les autres ... À 15h30, celui-ci me demande de l'amener à sa réunion de scout, mais je sais qu'il préfère que je ne vienne pas le reprendre vers 18h30, puisqu'il se laisse la latitude de passer du temps avec un bon copain. Sauf que moi, sa mère, je ne sais s'il va manger où non, à la maison ce soir ... À mon retour, préparant un souper pour quatre, possiblement cinq, j'apprend au moment de servir, qu'un autre des fils attend un appel d'un ami pour sortir manger en bande, avant d'aller à un party. Bon, comme je ne serai pas là plus tard, je lui montrais quoi manger, au cas où l'ami ne l'appelle pas ... Nous étions donc, trois à manger à table. Dix minutes plus tard, celui qui devait sortir recevait son appel, rendez-vous à une place qu'il ne connaît pas, mais peut-être pour bien paraître, il n'a pas dit qu'il ne sait pas très bien où ça se trouve. Il voulait s'y rendre à pied (!), comme c'est le moins sorteux des trois, il ne connaît même pas les lignes de bus (!). Je lui ai donc proposé de l'y amener, vu son hésitation, je lui ai proposé de le déposer un peu plus loin, discrètement ... J'ai bousculé mon souper pour partir à temps: celui-ci c'est le réglo, toujours à l'heure, toujours ordonné ... Il vient me rejoindre dans l'auto, sentant bon l'after-shave, avec ses yeux de biche et son sac à dos ... Mine de rien je lui proposais de laisser son sac, puisque c'est une sortie. Non, non, il en a besoin, puisqu'il a amené son maillot de bain, il paraît qu'au party, il y a un spa! Oups! maman ne dit plus rien, sauf de lui dire qu'il pourraît peut-être essayer un peu d'alcool, sans abuser, que je n'ai rien contre. Quant à la drogue, peut-être pas tout de suite, qu'il soit sûr de ce qu'il fait avant, ne rien faire pour faire comme les autres. Je ne lui ai même pas parlé de l'heure de retour (certains diront que j'exagère déjà avec des garçons de seize ans!), mais il a déjà refusé que son père aille le chercher à une heure convenue ... Bon, je déposais le deuxième, et j'allais me poster près du centre de rencontres des scouts, comme il faisait froid et que je savais que mon fils ne s'était pas habillé en conséquence. Avec l'intention de le laisser tranquille s'il était en bonne compagnie. Sinon, je ne faisais que passer si cela l'accommodait de profiter de mon passage. J'ai attendu vingt minutes, il a pris le temps qu'il veut, et oui, cela l'accommodait, son copain étant absent (j'avais même prévu me sauver vite s'il s'attardait avec une guide-scout!). Vous savez que, lors du retour, en m'entendant raconter ce que je faisais avec son frère, il me disait tout de go qu'il est asocial (!). Je répondais qu'il était peut-être seulement timide avec les autres. Mais il m'a dit qu'il aimerait rencontrer un psy. Vous pensez bien que je me suis félicitée d'être là pour recevoir la confidence! J'ai accueilli l'idée le plus simplement du monde, en promettant de faire mes recherches dans ce sens. Je ne me suis pas alarmée, comme une mère poule échevelée ... De retour, il s'est attablé simplement ... Mais, entretemps, mon troisième fils était parti au cinéma avec des amis! Je n'avais pas eu le temps de le voir lui! Celui-là partirait tous les soirs si je le laisserai faire. Lui, a besoin d'encadrement! Il était donc parti au Paramount, avec qui, pour quel film, à la présentation de quelle heure ? Je ne sais pas, sauf qu'il est supposé de m'avertir à chaque déplacement et que l'heure de rentrée tacite est à 23h.

Nous voilà à 19h30, dans une conférence, avec un fils à la maison qui aimerait rencontrer un psy et deux autres, quelque part en ville ... Vers 23h, le troisième me téléphonait: "Maman, je suis dans le métro, je serai là bientôt!" Bon! Depuis quelque temps, à son arrivée, il me présentait le billet de cinéma, la carte du restaurant, comme pour me faire la preuve qu'il a bien été où il m'a dit. De son propre chef, je n'ai rien demandé de la sorte!

Minuit trente, je n'ai pas eu le temps de m'inquiéter, le dernier des mousquetaires arrivait, venant tout droit me voir dans mon lit, avec ses yeux de biche et sa tête sereine: "J'ai marché un bout avec un copain, le reste seul, je me suis bien amusé, pas une goutte d'alcool et c'était pas mal "cool" le spa avec les lumières de couleur!" Oui, il y avait de l'alcool mais cela ne le tentait pas!

Il me semble que je suis satisfaite de mes activités de la semaine, contente de mon sens de la répartie, fière de mes actions. Mais c'est ce vendredi soir que ma place prend tout son sens. Être là pour eux, c'est mon acte de foi en un monde meilleur!

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