26 août 2002
Félicité renouvelée et sevrage avorté

Que de grands mots qui me viennent en tête pour résumer ma journée! Pourtant elle fut très bonne dans une multitude de détails qui comme des étoiles illuminent un ciel d'encre ... Je sais, vous êtes assis sur le bord de votre chaise, attendant que j'arrête de tourner autour du pot et cracher le morceau ...

La douce félicité d'hier s'est renouvelée aujourd'hui quand nous avons amené les garçons vers notre nid du Nord, rien que pour que l'on puisse rentrer le bois de foyer vers l'arrière de la maison, laissant place à d'autres cordes de bois qui seront livrées en septembre. Voilà pour la raison officielle, sauf que, en auto, en mangeant sur la terrasse avant la corvée qui n'en fut pas une, je leur ai parlé de l'histoire d'Eva Perron, du film "Evita" et de l'entrevue de Antonio Banderas que j'ai vu à la télé. Tout en écoutant la musique et les chansons du film. N'est-ce pas que c'est instructif agréablement? Et puis je leur ai fait part de ce projet de retrouvailles yersiniennes pour 2004, et puis en leur parlant de quelques anciennes camarades perdues de vue. Ils furent un bon public encourageant. Il me semble que depuis ce voyage qui nous a rendus complices, nous sommes beaucoup moins parents et beaucoup plus compagnons de route. Sans pour autant abdiquer de la tenue du gouvernail, du choix de la direction à prendre et du maintien de notre synergie globale. Au retour, nous avons passé par St-Sauveur où nous avons fait provision de fruits et légumes frais, alors que eux se cherchent (et trouvent) des pantalons neufs. Quelle belle journée savoureuse, sous ce ciel bleu limpide, non pas par l'importance de ce que l'on fait mais par le plaisir d'être ensemble.

Alors que je commençais à apprécier la perspective d'être plus libre de mon temps, on me reparle de nouveau pour reconsidérer mon départ des affaires associatives puis il y a la réunion de ce soir où je me suis tenue un peu à l'écart des discussions, faisant plutôt figure de mémoire collective et de fil conducteur. Mais alors qu'est-ce que l'on fait quand le fil casse? C'est ce que l'on me dit, tout en me disant que l'important est que je sois en paix avec ma décision. Et mon mari qui me demande si ce n'est pas par un relent de manque de confiance! Pour le moment, je reconsidère, je reconsidère sous réserve de repenser les façons de faire ... Fin de la chronique d'un sevrage avorté que je vois, à vue de nez!

Si vous voyez au perchoir ce soir, j'étais à peine revenue de ma réunion, un fils arrivait: "Puis, puis, comment c'était ta réunion?", ensuite, "Puis, puis, qu'est-ce que tu as décidé?", ensuite, "On te met de la pression, hein?". Remarquez que les quasi mêmes questions m'étaient arrivées en triple, puisque c'est le tour du père, et de l'autre collégien ...

J'ai le temps (un mois pour décider), pour être "en paix avec ma décision" qu'on me dit! Alors? Je fais quoi?

Pour le moment, je fais de la c-o-u-t-u-r-e! Vous pensez bien, ces rebords de pantalon! La rentrée c'est demain matin, et bien sûr, ils veulent mettre leur tout neuf! Et on y va avec le conseil du plus jeune qui déterre ses dernières expériences d'économie familiale, et le plus vieux qui enfile le fil dans le chas de l'aiguille, et ... en avant la musique!

Trois heures du matin déjà, je ne peux m'empêcher de penser que si je n'étais pas à cette réunion des affaires associatives, j'aurais sauvé trois heures de temps, pour me coucher à une heure plus raisonnable ... En voilà le prix "cash" de mon implication! Alors? Je fais quoi?

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