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Monte et descend, monte et descend, non pas les escaliers, mais la fameuse route entre les Laurentides et Montréal, en escomptant l'heure de pointe des banlieusards, l'affluence des estivaliers, l'enbouteillage causé par des travaux de réfections sur plusieurs tronçons! Et puis j'ai quelques ados dans le nord, quelques autres en ville, des travaux domestiques en cours ici et là, des livres à lire et à installer, et au nid et au perchoir. Bref, j'ai l'air d'être éparpillé mais ce n'est pas vrai, tout chemine vers là où cela doit se rendre.
Je viens de relire le recueil de nouvelles, "Le temps s'en va, madame ..." de Flora Groult. Quel luxe que de pouvoir vaquer à ses occupations, ranger quelques étagères puis, tomber nez-à-nez avec un livre que vous avez aimé, ensuite tout arrêter net, non pas intentionnellement, mais comme irrésistiblement aspirer dans le livre, jusqu'à ce que vous le reposez après l'avoir tout lu. Ensuite, et seulement ensuite, vous vous rendez compte que vous venez de vous allonger là avec le livre, et que tout le reste vous attend avec bienveillance.
En ce moment même, je suis dans mon nid. Les jeunes sont dans la cour avec leur feu de camp. Ils parlent fort, du moins leurs voix résonnent et rebondissent de mur en mur, j'imagine, puisque je les entend très clairement. Mes livres aussi parlent fort, ils m'interpellent par le nom de leurs auteurs, l'écho de leurs titres, la brillance de leur reliure ou la douceur de leur papier fin. L'encre sur le papier danse, avant même que le sens des mots ne se fraie un passage jusqu'à ma compréhension.
Monte en moi, toute la pérénité de l'instant. Je suis ici, c'est tout ce qui compte!
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