02 août 2002
Au coeur de ma ville

Laquelle? La montréalaise bien sûr. Tôt réveillée par le tonnerre et les éclairs, mais aussi parce que je me couche encore avec les poules sur effet de décalage, j'en profite pour commencer à saisir le cahier gris ... Puis j'envoie un paquet dans le grand Nord à ma fille, quel dommage de ne pas assister à l'essayage de sa robe chinoise et de ses blouses aussi. Ensuite, il fallait bien faire quelque chose, comme je n'ai pas envie de subir ni le bruit du climatiseur au salon, ni la chaleur du bureau ou de la chambre, tout en besognant sur quelques tâches routinières. Quand on est chez soi, il y a toujours quelque chose en cours ...

Nous voilà donc partis, sans trop savoir où. Je décris ce que j'aimerai manger (frais, léger et savoureux). Comme dans le passé, quand je lui demandais d'être créatif dans son choix de restaurant, mon mari ...ne sait pas. Alors j'indique le centre-ville, puisque nous irons au cinéma ensuite. Inspiré, je ne sais pas par quoi, monsieur me ramène à cet endroit que nous fréquentions, il y a vingt-cinq ans. Un restaurant délicatessen (vous savez de quoi je parle, des pots de marinades par douzaines dans la vitrine!) comme il en existait avant. Au début de notre relation, nous étions là, tous les samedis soir, une douzaine de fois de suite. C'est comme si nous recommençons à la source encore. Douce nostalgie pour laquelle je sacrifie le plat frais, léger et savoureux ... pour un côte de boeuf juteux. Gardant le même nom à la même enseigne, le restaurant a quand même changé toute la décoration et le style.

Chez Chapters en face, j'ai ensuite bouquiné. Un peu plus loin, au Paramount, nous avons vu le film "Minority report". C'est pour dire comment on ne se rend pas compte qu'en peu de temps, on peut remonter le cours des souvenirs, descendre les flots de mille et une histoires via des livres fortement imagés, pour ensuite se perdre dans une fiction imaginée qui se serait passée en 2046. Tout ce bombardement d'informations que pour se divertir!

À bien y penser, dans la faune de la rue Ste-Catherine ouest, je suis aussi dépaysée que sur le trottoir de la rue Ðồng-Khởi là-bas, à Saїgon. Je devrais même être plus que moins: ici, même si je comprend le français et l'anglais, souvent j'ai capté des langues slaves ou latines, gutturales ou chantantes, et même des langues dont je ne peux soupçonner l'origine.. Tandis que là-bas, au moins c'est la même langue pour tous. Imaginez les différences culturelles dans la mosaїque montréalaise! Alors que là-bas, ce ne sont que des différences dialectiques. Et puis, tenez, un mendiant au coin de la rue, ici, tout comme là-bas!

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