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Je m'étais promise durant le voyage du Viêt-Nam, où litchees frais, ramboutan, durian, mangues, ananas, sabotiers, melons, goyaves, "dragon fruit", jacquier, noix de coco tout juste descendu de l'arbre, etc. sont à portée et nous inondent de leurs saveurs et de leur jus, qu'au retour, les fruits ne manqueront pas à ma table. Alors donc, un beau panier de bananes, melon d'eau, nectarines, pêches, prunes et abricots, pour bien commencer. Voyant le panier, mon plus jeune s'exclame: "Ah, des fruits qu'on connaît!", alors que son père trouve les prunes bien fades et les abricots insipides!
L'anecdote qui précède vous dit combien nous sommes en décalage encore, bien plus que juste le décalage horaire! Et puis je suis submergée d'idées et de sujets! Tant de choses à partager, frustrations de ne pas pouvoir bien transmettre. Hier, de leur plage en Caroline du sud, mon frère me pressait de questions que je ne pouvais pas répondre en deux mots, deux phrases ou deux paragraphes. Mille facettes à une réponse! Je nage en pleine diversité, dans un monde de nuances!
J'ai relu mon carnet gris. Pour un journal de bord griffonné, il est assez complet. Peut-être commencerai-je simplement à transcrire un peu, puisqu'il est écrit en français, tout en améliorant les commentaires. Il me semble que je me sentirai moins embourbée dans mes idées, dès que le carnet gris s'organisera ici, sur le net. Difficile de porter en même temps, en moi, le contenu et la charge réflective des dernières semaines, avec l'articulation cohérente des prochaines ... Avant tout, profiter des rapports plus complices qui se sont installés entre mes fils et moi. Vraiment. Impossible encore d'évaluer l'ampleur des fruits que donne ce voyage à notre histoire familiale. Pour l'instant, ils parlent d'apprendre sérieusement le vietnamien. L'un d'eux veut être bouddhiste, et puis ils considèrent bien retourner là-bas avec moi, dans deux ou trois ans. Et puis, maintenant, ils m'appellent "mẹ" au lieu de maman ou "mẹ ỏi", pour plus de tendresse. Ah oui, l'un d'eux encore me dit que dorénavant, il veut cuisiner avec moi, préparer et cuisiner, non pas me regarder faire! Des amours, je vous dis.
De ces derniers fruits, je savoure encore et encore.
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