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De retour depuis une quinzaine d'heures, déjà plusieurs lavages faits, certains cadeaux donnés, quelques valises rangées, d'autres données au comptoir St-Vincent-de Paul, un mois de courrier épluché, un minimum d'épicerie fait et ... un réveil par baisers et caresses, avec toute la luxure qui s'en suit!
Vous me direz que je retombe vite sur mes pattes! C'est que j'ai peu dormi! Et puis demain je veux partir vers mon chez-moi du nord pour deux jours bien pleins! Les vacances servent au moins à ceci: l'illusion de recommencer le quotidien, non pas dans le même sillon abandonné là au bout du champ, mais de recommencer un tout neuf, version améliorée, par un soi renouvelé! Alors vite, sur la sellette pour gagner du terrain dans la forêt des bonnes intentions, vite avant que le décor ne s'estompe et que le moi domestiqué ne voit plus ni la forêt, ni son sous-bois, mais que des (em)buches et des troncs d'arbres coupés. De la pénombre jaillissent, vieux démons et anciennes plaies: procrastination, dédalle de paperasses, avalanche de coups de fil, etc. Oui, les vacances servent à prétendre de pouvoir mener son quotidien au doigt et à l'oeil, alors que le retour des vacances donne l'espoir de pouvoir y réussir ... le temps de quelques jours d'illusions!
"Alors, racontes!" dites-vous? ... Raconter mes vacances? C'est que je ne sais pas par où commencer, non pas parce qu'il n'y a rien à dire, mais trop! J'ai tenu un petit carnet gris et noirci les pages d'un gribouillage vif comme des lames de rasoir, et non de lettres et de mots bien ronds, bien posés, comme pour témoigner de la plénitude de ma vie, tel que je le ressens maintenant, comme à chaque jour de mon voyage.
Laissez-moi décanter un peu, pour que mes mots soient clairs, que mon regard soit juste, pour que je vous raconte non seulement les faits mais les impressions aussi. Là où passé et présent semblent se confondre, c'est là où je me suis le mieux sentie. Avec quelque recul, mon récit de voyage gagnera en profondeur, alors que la retranscription d'un journal de bord me semble trop primitive et insuffisante. Alors voilà, par opposition au carnet rouge gauchement retraduit en français, je vous renverrai à un cahier gris (la couleur grise, rien à voir avec la tristesse!) approfondi, avec photos à l'appui! Ça vous dit?
J'ai aussi du matériel brut pour continuer ma galerie des portraits, des Elles et des Ils tout neufs, bien vivants! Qui n'ont rien à voir avec les premiers Elles nostalgiques!
Entretemps, ce journal reprend, riche des événements des dernières semaines, comme des prochaines ... Je ne me suis pas ennuyée de vous, lecteurs, ni de vous, clavier, mais certains des visages du net m'ont accompagnée tout le long du voyage, témoins discrets et vivants!
Cette entrée de journal prend des allures d'avant-propos de livre, ne trouvez-vous pas? Et bien, un scoop en attendant: un authentique astrologue interprète ma carte du ciel lunaire et ... découvre une constellation d'étoiles toutes plus littéraires, les unes que les autres! Impressionnant, non? Il paraît que je me ferai un nom! Plus grand que Sally et Ngoc-Lê réunis! Virage en vue, dans un avenir rapproché! Le pire c'est que j'y crois, à cet horizon moins limpide, mais combien instinctif, comme si enfin, bientôt, je vais vivre ma vie comme je l'entend, tout besoin financier et économique occulté, riche de mots et d'écrits inspirés! L'avenir le dira bien assez vite!
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