07 juin 2002
Des gouttes et des bésicles

Vent de liberté depuis hier. Des emplettes pour nous préparer au voyage. Le salon devient le dépôt de tout ce que nous amenons, depuis les moustiquaires traités contre les moustiques (à moins de prendre les médicaments anti-malaria en prévention), aux jeux d'échecs magnétiques, etc.

Et puis le vent est un peu triste aujourd'hui, malgré le beau temps et les tout nouveaux bésicles que j'ai commandé (c'est que je ne peux pas quand même perdre mon verre quelque part, ou bien sortir mon mini tournevis à tout bout de champ, ou bien amener des vis de rechange au cas où ...). Pour avoir une nouvelle prescription, j'ai repris des examens des yeux et ... et ..., je fais du glaucome, sérieusement. Des gouttes aux yeux tous les soirs donc, un examen de champ de vision tous les quatre mois et on verra s'il y a escalade. Le glaucome, ce n'est pas le cancer, et c'est gérable mais je suis triste quand même. Depuis mes cinquante ans, ces tests à tout vents et l'usure de la machine se manifeste ... les comprimés de glucophage, et l'autre pour le cholestérol, puis ces gouttes! Les signes indéniables de l'autre versant! Comme je suis la plus vieille de la famille, je suis aussi la pionnière. Il me semble que je rejoins les aînés ainsi, le troisième âge qui ne se leurre même plus en âge d'or! Mon mari et moi, rions ensemble, attendris, malgré qu'il n'aime pas, ni la maladie, ni le dorlotage. Nous disons aussi que j'ai toujours su que je serais clopinante mais bien vivante ... Et, comme mes lunettes coûtent chères, je plaide que c'est la seule prothèse que j'ai en ce moment ... Il faut bien rire! Ah oui, je me suis trouvée des lunettes Easyclip, avec les verres fumées qui viennent avec. J'aurai l'air tout à fait dans le vent globe-trotteur, toute tristesse oubliée bientôt!

Dans ce soir descendant, j'écris quelque mots, alors que mon mari sommeille. Nous sommes en retrait de ce premier soir de Grand Prix de F1 à Montréal. Les stars et les limousines défilent à la télé, les journalistes n'ont rien de plus important à dire que toute cette gomme qui débarque sur la rue St-Laurent, à cinq minutes à peine de chez moi. Je me demande comment se débrouille mon fils qui est parti depuis 5h30 ce matin, destination les abords des pistes de course. L'autre est au cinéma, l'autre encore est chez des copains. Peut-être sortirons-nous de notre tannière, en accrochant les derniers rayons de soleil, pour nous couler dans la foule, nous aussi, ou remonterons-nous le courant, vers des eaux plus calmes encore ?

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