31 mai 2002
Tout en contrastes

Alors que je vis dans l'esprit de résorber mes activités pour partir tranquille dans trois semaines, mes journées sont pleines de mille et uns détails à régler. Dans mes dossiers, c'est la chasse aux accrochages, dont quelques uns s'annoncent, alors que je n'en ai pas le contrôle. Il y a les clients à reprendre contact, ne serait-ce que pour mieux conclure. Les derniers vaccins à récolter, les plantes à placer en pension, les derniers examens des fils, la préparation au départ, d'abord de la fille, puis de nous tous. Et la maison à remettre en ordre. Et le clan qui vient souper demain soir ...

Il y a mon appétit qui flanche, alors que je grignote, en traînant avec moi, le seul livre assez petit pour rester dans un sac à main, mais qui demande quand même une certaine concentration: le petit Montignac à couverture bleue. Ce n'est pas qu'une question de régime à maigrir, mais aussi une façon d'être stable en soi. Ce que je suis dans le fond, mais pas en apparence, en ce moment.

Comme le temps depuis deux jours, une alternance de soleil et de déluges. Et la pénombre dans le reste de la maison, alors que dans la cuisine, c'est la gaieté des halogènes qui domine. Au salon, cette nouvelle fontaine d'eau à clochettes qui tintent un peu trop allègrement pour que la quiétude soit absolue. Quelque part, il y a une tension invisible, alors que tout semble au repos. Mon téléphone ne sonne pas, mais je ne suis pas en paix pour autant. J'ai comme une démangeaison d'aller aux nouvelles des clients. En même temps, je me retiens, comme pour ne pas remuer une source d'actions qui s'imposent. Ah! partir enfin! Pour en finir avec un futur en latence, avec toute cette énergie qui sourde en moi!

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