29 mai 2002
Répétition

Un petit tour rapide vers mon refuge du nord ... Alors que je suis entrain d'effectuer le transfert de tous mes livres par là, la réfection du perchoir, rendant ce dernier plus plaisant et plus présent dans mes pensées, par le fait même, enlève du lustre et de l'aura au refuge. Que voulez-vous, l'homme est changeant, et je ne fais pas exception. Mais il est vrai que les travaux d'installation de la bibliothèque sont en cours aussi, donc poussière partout, et cette pièce qui sera mon boudoir (je préfère le terme "my study" qui fait plus austère et moins frivole) n'a pas encore l'allure que je compte lui donner.

Quelques achats de vêtements très légers et sobres commencent à me préparer au voyage, puis ... répétition culinaire pour les fils. Ce soir, je les ai amenés dans un restaurant viêtnamien authentique où j'ai commandé différents plats à mettre sur la table, servis avec des bols de riz individuels. Seule avec eux, je les entretiens de temps à autre des différentes façons de faire à la viêtnamienne. Tout naturellement, ils n'ont pas réclamé la fourchette et se sont débrouillés avec les baguettes, en s'aidant de leur cuillère bien sûr. Ha! l'un déclare que c'est la première fois qu'il voit un poisson servi, bien couché dans son plat, avec sa tête - et ses yeux - et sa queue. J'ai répliqué qu'il en verra plein là-bas. Son frère mange bravement le plus gros du plat de poulet sauté épicé (j'avais oublié que épicé veut dire épicé et que ce n'est pas pour rire!). Le plus jeune a arrêté de protester quand je lui servais de bonnes bouchées de viande, ramassées avec mes baguettes et déposées dans son bol, quand je lui ai expliqué que ce n'est pas parce qu'il est mon bébé, mais à la viêtnamienne, quand on veut témoigner de l'attention à quelqu'un à table, même entre adultes, ou avec des invités, c'est ce que l'on fait. Il m'a tout de suite servi une bouchée de boeuf sauté de la même façon.

Ha ha! Mes fils n'ont pas arrêté de manger après que les premiers plats furent vidés, j'ai commandé un autre, puis deux autres, suivis d'un dernier encore. Tant et si bien que, à la présentation de l'addition, je n'avais plus assez d'argent. À leur tour, ils ont ouvert leur portefeuille pour compléter le tout. Mon scout me rappelle de laisser un gros pourboire, avec tous les verres d'eau que nous avons réclamés, et les plats, et les sauces, et le riz en plus. Ce fut un plaisir d'être avec eux, sans mon mari pour une fois, lui qui peut être bousculant parfois.

Ce soir, je suis satisfaite mais vidée, incapable de terminer de ranger mille et une choses qui traînent encore à la maison. Ce soir je tombe de sommeil ...

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