24 mai 2002
Ouf!

Cinq fois, aller-retour à la quincaillerie pour des bagatelles incontournables, il faut le faire! C'est là que l'on mesure le degré de la compétence des employés des différents magasins ... Après trois semaines, je suis contente de voir partir le rénovateur et, les multiples gestes pour reprendre possession des lieux prennent tout leur sens. J'allais oublier, il faut encore se retenir, la poussière de sablage de plancher se posera partout dans trois jours ... Mais dans cinq jours, plus un seul ouvrier dans les parages. Ouf!

Pour nous évader, nous voilà attablés au resto grec sur cette esplanade touristique, vide encore de ses foules d'été. Ce fut presque un rendez-vous, mes parents, deux de mes soeurs et leur famille respective, ainsi que ma fille, sont venus nous rejoindre. Puis un thé encore chez ma plus jeune soeur en parlant des souvenirs du Viêt-Nam, mémoires trouées pour l'un et l'autre, aux différents endroits. Souvenirs d'enfance, souvenirs de jeunesse, histoire familiale commune: les premiers sont nostalgiques, les derniers presque mythiques. La version officielle de l'histoire familiale devrait peut-être être écrite un jour, pour le bénéfice des générations futures. Mais je ne peux m'empêcher de penser à la version "petite histoire", qui, même si elle est vivace dans la mémoire de certains, mourra avec leurs porteurs, comme on a toujours enterré les secrets de famille ... Quand à moi-même, je ne sais pas encore comment se confrontent mes deux réalités: mes premiers vingt-cinq ans dans ce pays que je ne connais plus et mes derniers vingt-cinq ans dans le pays de mes enfants. Réellement, le terme "mon pays" n'a plus de sens pour moi. Où est mon pays? je me demande. C'était là où mes racines ont poussé ? Ou là où se trouve mon présent? Encore là, un présent est obsolète à chaque clignement de l'oeil ... À moins que mon pays c'est là où se porte mon regard? Ouf! mais alors, mon pays est donc cette terre même, LA TERRE ...

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