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Voilà comment je me sens! Avec un autre vaccin pris oralement, tôt ce matin. J'étais incapable de me relever par la suite, si, quinze minutes avant mon rendez-vous de midi, pendant lequel l'effort fut double pour tenir une conversation cohérente. Dès que le téléphone sonne, je suis actionnée et la poupée parle bien intelligemment, dès que c'est terminé, elle s'immobilise puis s'écrase sur une chaise avec une forte envie de s'allonger ... Même assise, mes pensées glissent vers l'inconscient, là dans la voiture, dans l'entrée de garage, où, tout-à-l'heure, en attendant mon fils ... Comme si je flotte entre deux mondes, un réel lointain entrecoupé d'inconscience!
Ce soir, on est venu me chercher dans une voiture qui sent le neuf, pour me conduire à une autre, de modèle sport, couleur gris argenté, qui sera mon véhicule de remplacement pour la semaine, le temps que la mienne se refasse une beauté. En me glissant au volant, puis sur la route soyeuse, d'une part je veux rester vigilante pour ne pas l'abîmer comme la mienne (surtout que l'on a bien fait un tour minutieux pour me pointer les quelques éraflures qu'elle affiche avant de me la confier, et que je n'ai pas voulu payer l'extra pour les assurances non couvert par ma compagnie!), d'autre part, je me suis sentie presque américaine, dans cette manière toute désinvolte de prendre une voiture presque neuve, d'ajuster le siège et de partir comme ça, sans plus. L'impression s'est accentuée quand mon fils a ouvert le toit rétractable, les édifices en hauteur défilaient dans le puits vitré, par-dessus nos têtes. À la radio, une musique s'égrène d'un poste inconnu, choisie par quelque jeune conducteur m'ayant précédée. À l'extérieur des vitres teintées, un soleil couchant citronné. Je ne me trompe pas, nous somme bien en Amérique. Il y a des moments encore comme ça qui ne s'annoncent pas, où je me sens toujours étrangère de ces lieux et de cette ville que j'ai adoptée depuis plus de la moitié de ma vie. Comme si je me promène dans un rêve éveillé dans un endroit connu et étrange à la fois. Bref, ce soir, je me suis dite que la poupée mécanique connaît bien son manège!
Dans ce carosse, je suis allée chercher mon mari et les jumeaux qui sont au cinéma pour le tout nouveau Star Wars, après avoir ramassé mon plus jeune chez sa tutrice privée. Nous sommes allés souper dans une petite place viêtnamienne. Voir mes fils bouffer avec appétit du riz, des rouleaux de printemps bien trempés de nuớc mắm (saumure de poisson), tout en parlant un peu du Viêt-Nam, je me suis mise à penser que mes deux mondes sont donc bien proches et bien réels, qu'ils sont très bien articulés ensemble et ... rien de mécaniques. Plutôt karmiques et ... magiques!
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