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Que dire de cette journée où j'avais vu des amis et reçu avec plaisir fleurs, partage d'idées et mots jetés sur papier. Ces mots qui révèlent et qui dévoilent, ces mots qui ne disent pas tout, mais au moins une tranche de personnalité. Ces mots lus par chacun, simplement, sans détour. Un moment magique! L'auditoire attentif fut de choix et inconditionnel, un auditoire très varié, retenu en ce lieu, par un beau dimanche après-midi, que par ces mots. Magique, je disais!
À l'encontre de ce journal, j'avais écrit mes mots, non pas pour moi-même en premier, mais vraiment pour être lue et appréciée, j'ai donc été flamboyante, je dirais. Lire ses propres mots fut une grâce et j'ai lu les miens en frissonnant d'émotion, des mots mordants, sur des questions ardentes. C'est dire que j'avais abusé d'épithètes et de points d'exclamation! Tout comme j'avais abusé de ce fromage, Nuits d'or de St-Georges, qu'il s'appelle! Vous connaissez?
Si je vous dis qu'ensuite, lors de ce grand souper gastronomique, j'avais abusé de tartare de saumon, de risoto au safran et foie gras, de soupe au maïs à la blanche de Chambly, de filet mignon et de crème glacée à la mangue fait maison ... Vous me direz n'est-ce-pas que j'avais raison, comme près de trente personnes en faisaient autant ... Le chef mon gendre était très fier, quoique très fatigué. Mon mari, lui, avait joui avec le foie gras et abusé, en plus de la bonne chère, du bon vin qui coulait à flots. Je crois qu'il ne sera pas très content de son propre foie demain ...
Ce soir, je suis lasse, non pas des bonnes choses, mais de l'abus des bonnes choses. Les fins de soirée m'ont toujours impatientée, avec le petit trop qui dépasse, de rires gras, de blagues prévisibles ou de radotage au bénéfice du supposé bon temps. Les fins de soirée sont toujours trop longues, à mon avis.
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