16 mai 2002
Quelques bricoles

Le soleil a baissé les paupières de nouveau. Il pleut la grisaille, et comme dit la speakerine: "Nous sommes sous une importante dépression!" et nous nous démenons avec une seule voiture en ce moment. Parlant de la mienne, mon mari a fait un saut parce que le garagiste a donné une grosse facture. Il reste à savoir si nous allons tout payer nous-mêmes ou déclarer aux assurances.

Le rénovateur ne revient que la semaine prochaine pour poser de la tuile céramique. D'ici là, j'espère avoir un peu de paix si ... la plomberie ne crève pas, vous savez, dans les murs, là où il faut tout défoncé. Entretemps, nous allons encore au restaurant, sans prendre de douche, en respirant doucement. Si la solution temporaire tient la route, on va pouvoir souffler quelques années jusqu'à ce qu'on se décide à rénover la salle de bain. C'est fou mais les solutions pratiques de bricole, c'est mon mari qui les trouve, alors que les ouvriers sont loin d'être créatifs! Alors il faut être constamment là pour voir aux défauts ... Il faut aussi que je fasse ma part de peinture demain, le "patron" bougonne ...

Avec tout ce va et vient, je ne sais pas comment mais j'ai conclue de nouveaux dossiers. Ma bonne étoile aidant sans doute! Si je ne dois pas en ouvrir de nouveau, je vais pouvoir partir en vacances tranquille, sans problème. Entretemps, il faut absolument que je profite du temps que j'ai avec ma fille avant son déménagement dans le Grand Nord. Peut-être pourrai-je aller au cinéma ou flâner un peu? Peut-être pourrai-je être moins "opérationnelle", ou plus jouissive du temps qui passe ...

Ces jours-ci, plus que jamais, j'ai besoin de me raconter le quotidien. Ce journal, plus que jamais, EST mon confident, la bonne oreille amicale. Exactement comme un carnet sous l'oreiller. Vaguement, je me dis que ça doit être ennuyant pour ceux qui me lisent, mais inmanquablement, jour après jour, j'écris mon ordinaire, comme pour mieux partir à neuf, ensuite. Il y a trois jours, tout de suite après avoir foncé dans la porte de garage, en rentrant au perchoir, je suis immédiatement allée écrire ici - il faut presque dire, "me décharger ici" - le petit paragraphe qui résumait ma journée. Je me sentais mieux après.

Ces jours-ci, ma façon d'écrire ressemble à ce que l'on retrouve dans le cahier rouge, mon journal papier d'il y a vingt-huit ans. De courtes entrées, des faits surtout. Mais des faits que moi-même, un jour, je relirai en retrouvant impressions, saveurs et couleurs. Comme lorsque j'avais entrepris de traduire le cahier rouge ici. Par contre, j'étais déçue pour ceux qui le lisent, parce que ce ton de carnet de bord presque, sans description ni style, ne peut rien donner de sensoriel à des .. passants!. Je dirai même que je me sentais (pour un temps, après la traduction du cahier rouge) comme auteur d'un arnaque, d'une fausse représentation. J'avais introduit ce cahier rouge, avec pompe, avec l'impression de transcrire un cadeau du témoignage de ma dernière année au Viêt-Nam, avant mon arrivée ici. Mais, un carnet de bord, c'est presqu'une transcription de codes, signifiants qu'aux initiés, en l'occurence, moi-même et peut-être mes frères et soeurs, si cela tombe en leurs mains. Bref, ces jours-ci, je suis plus indifférente que jamais aux regards des autres. J'écris mon journal, c'est tout.

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