09 mai 2002
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Hier, ma journée était vide jusqu'au soir, quand je me suis mise à farfouiller dans mes livres ... Des livres de sociologie qui me font me projeter dans un horizon de dix ans. J'ai toujours aimé regarder plus loin. Vivre l'instant présent, sans regard en avant, a toujours été difficile pour moi. Je ne suis pas assez sage, je n'ai pas assez la foi. Bref, mes livres m'ont sortie de l'ornière d'hier. Je me suis même mise à les recenser jusqu'à tard dans la nuit.

Aujourd'hui, je pense à écrire une lettre à la cliente d'hier, il y a quand même des faits à rectifier. Et puis j'ai adopté un ton encourageant avec le rénovateur qui sourit encore, en se dépêchant un peu, parce que le "patron", mon mari, trouve qu'il n'avance pas vite! Après trois jours, nous sommes déjà très écoeurés de manger du fastfood, mais le chantier est dans un tel état que je ne pourrais pas cuisiner vraiment!

Les hibiscus sont partis à la clinique du pouce vert, chez ma mère, ils vont y rester jusqu'à mon retour du Viêt-Nam. Nous partons dans six semaines et j'entame déjà la rampe de lancement. Les visas et les vaccins deviennent impératifs dès la semaine prochaine. Pour quitter quelques jours, je faisais déjà le ménage de la paperasse, l'inventaire du frigo et table rase de l'agenda. Imaginez-vous bien que pour partir un mois, il faut penser à tout, sans parler de cette vague de fond de renouveau qui balaie, et les étagères de livres, et les garde-robes, les armoires de vaisselle, le garage, le cagibi, la maison du nord et la cour! Pour mieux revenir!

Dire que l'on m'a offert l'occasion de changer de voiture ce matin, une occasion bien tentante. Mais je ne suis pas rendue à ce renouveau-là. J'entrevois plutôt d'autres changements, comme arrêter de boire du café, lire malgré les activités et les tourmentes, aller à l'opéra et aux concerts, même seule (au prix que cela coûte, il ne faudrait pas que mon mari vienne partout, en roupillant dans son coin!). Il me prend des envies d'apprendre un instrument de musique, de me mettre au taichi, de jouer au golf même. Changer aussi certains aspects de mon travail, pour être soutenue dans mes efforts, du coeur au ventre où c'est nécessaire, et non semer mon coeur à tout vent, dans des dossiers ardus, pour récolter des revers, comme hier. J'ai bien l'air imperturbable, mais je suis facilement blessée.

Ah, j'ai aussi une grande envie de recevoir pour le thé, des amies des mots, des amies tout court. Réunir ensemble aussi d'autres amies et amis que je n'ai pas vu pour quelque temps, comme ça! Ou plutôt, dans la même veine que la vague de fond du ménage dans mes relations! Pour revenir à neuf! Ou comme pour partir plus net, au cas où l'on ne revient pas!

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