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Moments d'attente sur tous les fronts. Rien d'anxiogène, mais quand même. Un dossier qui attend son aval. Maurice Boucher, chef des motards, n'attend plus, ou si, en prison à vie! Chez moi, en attendant le rénovateur, c'est en plein chantier que nous vivons. Demain qu'il vient et nous l'attendons chacun à notre façon: mon mari défait tout ce qu'il peut défaire, en relocalisant le système téléphonique, seul sans aide, avec ses fils et sa soudure. L'internet flanche, les lignes téléphoniques aussi, mais bon, restons calme, puisqu'il a réussi à remonter le tout, un peu avant minuit. Moi, avec l'aide des jeunes, j'ai semé tout le contenu des armoires de cuisine sur le tapis du salon et relocalisé la cuisine de chantier comme je peux. La cafetière trône dans l'entrée, sur la console. Le micro-onde dans la salle à manger sur une table basse, avec le grille-pain au deuxième étage. Ah oui, j'allais oublié, mon mari a aussi arraché tout le revêtement du plancher de la cuisine, vers minuit et une. La voisine d'en bas a téléphoné pour voir si ce n'est pas un cambrioleur qui est entrain de creuser dans le mur. Une chance qu'elle nous aime bien et qu'elle insiste que nos va-et-vient lui font de la vie!
J'ai même regardé les élections françaises à la télé. Bon ben, what next? Tout le monde retourne-t-il dans leur silence et laisser faire encore le système. Faire de la politique active, dans les rangs, quelque part, comme un chemin incontournable, voilà ce que je souhaite à tous les jeunes et moins jeunes. Non pas seulement quand vient le temps d'une opération sauvetage, mais au quotidien, dans l'exercice de la démocratie et des convictions. Avant d'être pantoufflarde, j'avais déjà rêvé changer le monde et mes songes sont souvent meublés de moments exaltés. Mais les fougues s'usent de toute façon, usez-les sur de bonnes causes, au lieu des désirs inassouvis!
L'attente aussi chez les grévistes de Bombardier et les cadenassés de Radio-Canada. Il paraît que ça se prépare aussi pour les barricades à Videotron. Guerres urbaines des travailleurs: c'était la première chose qui m'avait frappée en mai 1975, à mon arrivée à Montréal. La ligne de piquetage des employés de Postes-Canada était sous la fenêtre de l'hôtel Queen's où j'étais logée, c'était une curiosité que je ne comprenais pas: "Mais de quoi se plaignent-ils enfin?" ...
Finalement, n'attendons-nous pas quelqu'un ou quelque chose toujours, tout le temps?
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