04 mai 2002
La maison de poupée

Aujourd'hui, mes poupées de collection sont parties vers le nord. Enfin, sorties de leur espace hermétique et noir du sous-sol, il me semble qu'elles reprennent vie! Chacune m'a plu de nouveau, autant qu'au jour où je les ai adoptées! Avec leur robe froissée et leurs dentelles jaunies, elles sont presque pathétiques et moi, ... presque sénile!

À la campagne, dans mon petit coin, malgré quelques skieurs intrépides sur une piste isolée, les uns ont mis leurs vêtements à sécher sur la corde à linge, les autres ont sortis leur escabot pour bricoler un peu. La voisine d'en arrière joue avec bonheur dans ses plate-bandes, alors que le voisin d'en avant écoute mes explications pour les étagères que je lui demande de faire avec les yeux ronds. Je me suis sentie tenue d'ajouter: "Que voulez-vous, on ne vient pas souvent, mais c'est notre maison de poupée, alors nous jouons à nous installer!" Je dois être bien excentrique à leurs yeux, avec mes livres, mes poupées et mes arbres!

Au lieu de repartir rapidement, monsieur et moi, avons profité de notre lit, de notre sieste, de la musique et d'un bon repas. Nous étions vraiment chez nous, quittant à regret, mais repus de contentement. En ville, les fils nous attendent bien tranquillement, mais négligeant de manger toutes ces belles choses que je leur ai préparées d'avance.

À la tombée du jour, alors que la pénombre nous envahissait graduellement, je regardais le petit coin où je me tenais pour écrire il y a un certain temps, et l'urgence d'écrire me tenaille de nouveau. Il me semble que le chemin de l'écriture fictive sur lequel j'avançais à tâtons, se présente de nouveau devant moi, dans un tracé moins fou et plus rassurant.

Huit heures dans ce nid, avec mon fort moitié et mes idées décantées, et je repars de plus belle, vers la ville, vers ma vie.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

1