18 avril 2002
Fifi

Ma fille sort de l'université en coup de vent, mange rapidement, la tête pleine encore de ses travaux en cours et ses examens en préparation, puis passe à la boutique où elle travaille pour changer ses heures, et ensuite va au théâtre avec moi, chez Jean-Duceppe. Malgré l'effervescence de la fin de ses études de 1er cycle, bachelière elle sera très bientôt, elle ne lâche pas le théâtre qu'elle affectionne plus que moi!

Croisée des chemins pour elle très bientôt: une année dans le Grand Nord, à Kuujjuaq, pour devenir citoyenne Nunavik de plein droit, ou un diplôme de spécialité qui l'amènera quelques mois en France. Son coeur balance, en accord avec son petit mari. Je conseille un peu, avec mes biais bien sûr ... et mon obstination des études plus poussées. Fifi m'accuse de ne pas lui faire confiance, pour un retour aux études malgré un temps d'arrêt. Je préfère dire qu'à chaque embranchement de carrefour, on se rapproche ou on s'éloigne de sa destination. Et qu'à chaque détour, il y a risque d'égarement, et puis chaque détour retarde! Évidemment, je pense en mère, et elle en jeune femme qui a toute sa vie devant elle! Elle a raison bien sûr, mais ... moi aussi!

Dire qu'il y a à peine trois ans, à la ville de Québec où elle allait pour l'université, et c'était suffisamment loin pour moi. Mais depuis, elle a vécu le Grand Nord, Mont-Laurier, Calgary, le Maroc, après ses examens, elle sera en Abitibi, puis elle parle de Kuujjuaq ou Orléans, France, après avoir parlé d'Australie. Et moi qui dose encore les distances, non seulement géographiques, mais aussi celle du toucher, du sentir et du vécu partagé. Mon cordon ombilical fait de grands efforts d'extensibilité, je vous assure!

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