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Nous étions onze, du plus jeune au plus vieux, sur la même table, à l'étroit mais dans un climat fraîchement chaleureux, chargé d'indulgence. J'étais contente d'avoir invité une cousine de mon mari, esseulée pour la saison (comme dans bien d'autres saisons de sa vie!). La plus jeune avait plein d'entrain, même après s'être cassée le nez sur les marches d'escalier, arrosant partout de son sang couleur Noёl. Nous avons reçu très simplement, très sobrement, pas plus qu'un cadeau par personne, mangé de la dinde et de la bûche au café, bu qu'une seule bouteille de vin. Mais la satisfaction fut grande, car mes fils ont été indulgents avec les jeunes cousins qui étaient instables dans leur comportement. Et puis j'avais prévu sortir les très vieilles photos de famille pour demander le secours de la cousine dans la tâche d'identifier les personnages de la génération passée, ainsi que les cousins et cousines de son âge (enfants sur les photos). Occasion idéale pour mon mari, son frère et sa cousine de revoir leur jeunesse et mieux resserrer les liens. Mes enfants, eux, s'émerveillaient de retrouver leurs propres traits dans les photos d'enfance de leur père. Grande satisfaction pour moi en effet, de penser que moi, celle qui vient de si loin, j'ai servi de pont en ce moment pour consolider des liens familiaux relâchés, tout en perpétuant la lignée d'une des plus anciennes familles du Québec. Après le départ de tous, mes quatre enfants se sont installés sur mon lit pour revoir des bouts de vidéos que leur père avait tourné quand eux-mêmes étaient bébés et enfants. Ils étaient attendris de se voir si petits, avec leurs grosses fesses bourrées de couches, leurs grosses joues et leurs petits bouts de jambes. Papa et maman aussi les entouraient sur le lit, papa tout de son long, maman posant une fesse au coin, de temps à autre (vous comprenez bien qu'il n'y pas plus de place libre sur mon grand lit!). Alors que mon mari ramenait sa fille vers son appartement de femme, avant de descendre au sous-sol, vers leur chambre respective, les jumeaux m'ont fait des déclarations étonnantes. Garçon tendre lançait ces mots, d'un air exalté, brassant l'air de ses grands bras: "J'ai hâte d'avoir mes propres enfants, deux, je les prendrait comme ça dans mes bras." Son jumeau répliquait: "Moi, je voudrais neuf, comme "bà ngoại" (grand-mère maternelle). Je sais que les gens veulent pas parce que c'est beaucoup et ça coûte cher, mais je ne sais pas ... il me semble que si on le fait, on vit en conséquence, pis ça va être correct ...". C'est étonnant, non, dans la bouche de deux garçons de quinze ans? Aujourd'hui, boxing day, je suis tentée de me sauver encore dans les magasins, les plis de la dernière semaine sont encore fraîs! Mais non, je dois travailler un peu, j'ai des clients qui attendent depuis une semaine! hier |