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Hier j'étais votre soeur, vous qui m'avez dit de venir vous chercher et vous amener magasiner, comme vous êtes faible de votre récente opération. J'ai acquiescé bien sûr, moi qui voulais rester en action pour .. me sentir en action! Hier soir, j'étais votre amie, vous qui m'avez invitée à souper avec mon époux. Vous qui avez plus de vingt ans de folle vie que moi, vous qui avez une fille de dix ans plus jeune que moi, mais aussi vingt ans de folle vie de plus que moi. Entre vous deux, quinze minutes avant de pénétrer dans votre extravagant chez vous, je jonglais: "Mais qu'est-ce que je fais là? Est-ce que j'ai envie d'être où je serai, très bientôt?" Vous qui m'avez gavée de bonnes choses et distraite avec vos racontars redondants! Ce matin j'étais votre collègue, votre conseillère, votre amie de circonstance, alors j'ai fait ce qu'il fallait faire, pour avancer ce dossier dans lequel nous avons des intérêts convergents... Puis cet après-midi, j'étais celle qui a donné sa fille unique en mariage à votre fils, celui-là même qui est parti dans les contrées lointaines du Labrador, laissant en ville, et sa femme et sa mère! Vous à qui j'ai fait faire le tour des magasins, des décorations lumineuses devant les maisons et des plats à notre restaurant chinois favori ... Ce soir, et bien, ce soir, je suis si socialement vôtre que je ne sais plus comment être socialement mienne. Ce qui m'embête beaucoup. Mais au moins, je remonte la pente du creux au ventre pour m'être de nouveau réintroduite à la circulation courante. Joyeusement vôtre! hier |