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Matin tranquille où je me suis même recouchée. La nuit ne m'a pas suffit, il me semble que j'avais rêvé, peut-être trop. Puis j'ai discuté avec mon époux: discussion sérieuse, peut-être dûe à ce petit creux au ventre, une sourde angoisse qui arrive toujours ces temps-ci de l'année, par rapport à l'issue de l'année à venir. Pour une des rares fois, c'est lui qui exprime avant moi, cette tristesse, qu'il dit. C'est plutôt une certaine insécurité, un semblant d'inquiétude. Moi qui me sens bien, me contentant de poser les gestes qu'il faut, sans m'inquiéter de l'issue. Bref, nous avons discuté, mais me voilà, un peu plus soucieuse maintenant. Alors que monsieur, se sent mieux! Je me suis efforcée à partir pour m'occuper de quelques menus détails. Les boutiques sont bien belles en ce moment, pouvoir m'attarder à les apprécier, cela console du magasinage-achat. Les beaux objets sont calmants, si la frénésie de les posséder ne vous tenaille pas. Peut-être irai-je voir les belles affaires à la boutique du musée des beaux-arts demain. Ce soir, nous sommes à table tous les cinq. Des plans pour les jours de congé s'ébauchent, mais nous sommes tous un peu trop sérieux, les fils ont encore les examens des prochains jours en tête, les parents ont sûrement la discussion de ce matin dans le fond de la gorge. Je suis tout d'un coup lasse, lasse d'être tombée dans le petit creux au ventre, mais lasse aussi de devoir partir dans quelques minutes pour rencontrer une nouvelle cliente qui est en droit de s'attendre à ce que je sois solide, sûre et confiante. Le masque que je mettrais fera l'affaire sans doute. Soyons légers! hier |