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Dimanche classique où tout le monde s'est levé plus tard. Puis maman tourne autour de ses fils pour leur faire à manger. Études intensives aujourd'hui, dense semaine qui s'en suive pour mes adolescents qui se disciplinent. Mon plus jeune reçoit entre ses mains, la caméra-vidéo que papa a remisé depuis dix ans au moins. Inutile de dire qu'elle est plus grosse en taille et moins sophistiquée que ses congénères. Mais elle fait toujours l'affaire, et le plaisir de mon fils. Au passage, nous regardons quelques séquences vidéos dans lesquelles figurent les fils en bébés et la fille en petite fille dans sa forme fifi-ballet-toutou. Difficile de trouver en la petite fille dans sa chambre rose, la géologue majeure, mariée et vaccinée d'aujourd'hui! Nous sommes invités à un party "thé-gâteaux" pour célébrer la fin du Noёl juif, le Hannoukah, qui coїncide cette année, avec la fin du ramadan des musulmans. Nous sommes seuls dans une assemblée de cinquante personnes qui se connaissent tous. Nous avons assisté à leurs prières, à leurs chants et à l'allumage de tous les chandeliers de huit branches (un chandelier par famille présente). Alors que les bougies se consument doucement, thé vert et sucreries circulent. Malgré la discrétion de tous, mon mari et moi détonnons dans le décor. Mon chandail noir perlé brille trop, le grand gâteau au fromage que j'ai apporté affiche trop ses fraises et son rouge. Alors que tout le monde est sobrement habillé et que les beignets et beignes sont saupoudrés de sucre fin, certes, mais demeurent simples et sans luxure. Deux premières qui viennent avec l'occasion: l'hôtesse qui me connaît, alors qu'elle rencontre mon mari pour la première fois, l'a présenté comme monsieur Sally, à deux reprises avant que le principal intéressé ne la corrige! Et puis la calotte juive sur les cheveux poivre et sel de mon époux, pour la première fois! Je n'ai pas trop osé le regarder pour ne pas le gêner. Étrange, cette expérience vécue des différences culturelles et religieuses! Fondamentalement, cette joyeuse assemblée ne diffère en rien à une réunion de mon clan des Sally, mais la simplicité et la sobriété de celle-ci soulignent mieux le symbolisme des gestes et des liens. Ce sont quand même les hommes qui ajoutent les fioritures et les artifices aux événements, noyant l'essence des choses parfois, les vidant même de leur sens. Prenons par exemple la cérémonie du mariage qui peut devenir si complexe qu'un "wedding planner" devient nécessaire, et les dépenses faramineuses, et les frous-frous et clinquants, etc. Alors que l'homme et la femme n'est qu'au tout début de leur défi de la vie à deux, fragile et pleine d'écueils ... J'imagine que, s'ils se bagarrent, les cadeaux de mariage serviront d'armes, et le gros album de photos fera un bon bouclier, et la grande crinoline sera un excellent camouflage, etc. Nous sommes revenus, un peu estomaqués. Souper simple avec les fils, soirée en longueur. Semaine vide ou pleine qui nous attend, je ne sais pas encore. Plus que jamais, je ne sais pas encore pourquoi, les liens qui nous unissent, cher époux et moi, sont tendres, souples et incassables. Et qu'on le ressente, ensemble, aux mêmes instants, c'est magique, aussi magique que les milles feux des bougies de Hannoukah qui nous enveloppent dans sa lumière et sa chaleur. hier |