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En fait, avant de me lancer dans les deux romans de Nancy Houston, j'avais lu "Le fantôme d'Anil" de Michael Ondaatje que j'avais omis de vous en toucher mot. C'était un livre lourd et dense qui m'entraînait du monde fantaisiste et irréel de Boris Vian, dans le plus réel de l'histoire comtemporaine de l'île de Sri Lanka, où les exécutions politiques sont sauvages et cyniques, où les destins brisés et les lambeaux de vie s'accrochent à des impressions et des fixations. La vie n'est que drame et le drame est au coin de la rue. J'ai aimé le livre qui n'est pas une lecture pour divertir, mais pour mettre la conscience du lecteur à vif. Le livre situe les événements à la fin des années 80, et j'ai la nette impression d'assister à l'écriture en lettres de sang des mêmes histoires qui se répètent en Bosnie, au Kosovo, avec les Tutsis et les Hutus, en Algérie, au Moyen-Orient, en Afghanistan, etc. L'histoire humaine écrite avec du même sang rouge, d'où qu'il coule, avec la même trame de fond de pertes, d'errances et de folie. L'homme est si inculte et si tragiquement pantin. Après cette lecture, les romans de Nancy Houston étaient presque une trêve pour mes sens si vivement sollicités ... et mon décor de carte postale presque impressionniste! Aujourd'hui, j'ai fait un survol du livre de Pietro Cittati qui peint le portrait de douze femmes de lettres. Je n'ai plus le souffle pour suivre pas à pas douze portraits, à la fois très succincts et trop détaillés. Alors je me suis plus attardée sur les femmes que je connaisse, Jane Austen, Ken Blixen, Simone Veil, Katherine Mansfield, etc., laissant les autres où elles se trouvent pour une lecture ultérieure ... Cet après-midi, je m'attarde plus sur la plage, sans rien faire d'autre que d'observer les vagues et tout ce qui bouge, c'est-à-dire, les porteuses de bikinis qui passent et les torses mâles avec petit bikini bien serré. J'admire toute cette chair qui s'assume, ventres rebondis et pattes velues, et ces peaux flasques qui reposent, sans artifice. hier
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