30 juillet 2001
Contre-courant

Comme je disais au téléphone à une amie, je ne fais pas grand-chose mais je suis occupée à ne rien faire ... sauf pour cet après-midi où j'avais fait quelque chose ... avec mon époux! Quelque chose qui m'a éclairci les idées, replacé les cartes et ... qui a réussi à me faire changer le titre que je me proposais d'écrire à la chronique d'aujourd'hui! J'allais écrire: "Deux femmes, deux destins" (oui, je sais, ça fait très théâtral, mais j'aime ...), deux femmes qui sont bien loin de ma vie, mais je me ravise, pourquoi pas "trois femmes, trois destins", la mienne paisible et ... les autres!

D'abord, Phoonan Devi, la reine des bandits indiens, a été assassinée il y a quelques jours à New-Delhi. J'ai lu le roman de sa vie il y a quelques années. Elle était député d'une circonscription, élue par les Indiens de basse caste. Mais elle était avant tout, née pauvre, mariée à 11 ans, enlevée par des bandits, tenue responsable de la mort de 22 hommes en 1981, propriétaires terriens de caste supérieure qui l'avaient violée collectivement. À sa mort, elle avait 38 ans. Une vie peu banale, n'est-ce-pas, et peu enviable ...!

Ensuite, il y a Condoleezza Rice, Condi pour les intimes. Les préjugés diront qu'elle est femme, noire et célibataire, donc défavorisée. La réalité est qu'elle fait partie de l'élite de la bourgeoisie noire (je cite La Presse du 24 juillet), qu'elle est entrée à l'université à 15 ans, qu'elle a une maîtrise en poche à 19, un doctorat spécialisé en sciences politiques à 26. Elle était professeur d'université à 27, et aujourd'hui, à 46 ans, elle est la conseillère à la sécurité nationale pour Bush le fils. Pensez-y, les effluves à saveur de guerre froide qui flottent en ce moment sur le monde, c'est elle! Textuellement, je cite ce paragraphe: "Elle appartient à l'école dite "réaliste" en politique étrangère, qui professe que les États-Unis doivent être guidés par la seule considération de leurs intérêts nationaux et leur perception de l'équilibre de la puissance entre États, et non par des principes moraux ou humanitaires." Pourtant, son père était administrateur d'université et non général d'armée! Je ne suis pas sûre que le monde sera meilleur s'il est mené par des femmes!!

Il me vient à l'idée que nous, les femmes de la majorité tranquille et pacifique, nous faisons le poids de l'équilibre pour contre-balancer les extrêmes de celles qui sont lancées sur leur destin "excessif". Nous sommes qui nous sommes, et nous accomplissons aussi notre destin. L'ombre ou la lumière ne sont que les deux faces de la même réalité. Quoique, personnellement, je préfère une ombre disons phosphorescente, non pas noire d'encre. Luire doucement pour deux pas à la ronde, me semble une ambition très confortable!

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