16 juillet 2001
Au coeur des vacances

Hier je n'ai rien fait, à part de faire toute une percée dans mon casse-tête jusqu'à cinq heures du matin. Toutes les fleurs sont en place, il ne reste qu'une toute petite bordure à finir. Je suis bien contente mais mes jambes sont crampées, après plusieurs heures d'affilée pendant lesquelles j'étais plantée sur mes jambes mais le corps complètement penché sur la table du salon, par-dessus le casse-tête!

Aujourd'hui, la fille vient avec nous dans les Laurentides, avec les garçons aussi. Il y a longtemps que cela n'est pas arrivé. Je pense à la dernière photo de nous six, avant son mariage. En fait, le jour de son mariage, le chauffeur de la limousine nous a fait descendu du carosse, sur l'île St-Hélène, avant d'arrivée aux jardins pour la cérémonie, là, avec le fleuve derrière nous, les gratte-ciel de Montréal en arrière-fond, tous les six en photo, la dernière photo avant que nous ne soyons officiellement sept! Bref, les horaires de travail du gendre étant inconciliables, nous seront six, sans photo, pour deux jours!

Sur la route du nord donc, tous les six en voiture, avec le flot des voitures, la construction routière et le détour, nous avons mis deux fois plus de temps que d'habitude, mais qu'importe, nous sommes là, comme autour de la table familiale à l'heure d'un repas, les enfants devisent de tout, papa apporte son point de vue ou une information, maman essaie de ne pas perdre le fil des conversations, parce qu'elle est en plus occupée à tenir sa conversation intérieure ou à se regarder en spectatrice.

Parlant de la dernière photo à six, la première fois à faire l'épicerie à six c'est aujourd'hui. Quand ils étaient enfants tous, bien sûr nous n'avons jamais fait l'épicerie en famille. Alors que je relève cette "première mondiale" à haute voix, on dirait qu'ils sont tous comme plus contents d'être là, ensemble.

Et puis le lac, par un temps radieux et sans nuage, la fille et le grand scout filent en canot sur le gros rocher qui émerge au milieu du lac, pour une baignade privée. Garçon tendre et son jeune frère s'ébattent avec le pneumatique jaune, plus loin de la plage mais moins loin que le rocher. Je suis dans l'eau moi aussi, flottant dans une veste de sauvetage (je ne saurais flotter autrement!). Mon mari fait quelques brassées, se met sur le dos, me tire à lui, s'éloigne tout d'un coup, refait quelques brassées, plisse les yeux pour voir les enfants. Ces derniers sont assez loin que nous ne les entendons plus, mais ils sont là comme des petites taches noires sur les eaux rendues argentées et scintillantes sous le soleil. Je rame avec mes bras pour me tenir toujours loin de la plage, question d'éviter d'avoir à faire la conversation avec les voisines étendues ou assises sur leur serviette de plage. Je veux rester dans mon monde, loin du monde.

Puis nous soupons d'une grillade avec la petite famille de ma soeur qui est venue nous rejoindre. Puis garçon tendre bat sa soeur au scrabble, malgré le renfort de la tante. Je suis contente pour le fils. Rien ne renforce plus les jeunes que des victoires amicales ... à part l'amour des siens!

Quoi de plus qu'un grand feu de bois dans la cour en soirée pour parfaire le portrait. Et mon mari avec moi, à regarder crépiter les flammes ou scintiller les étoiles!

Au coeur des vacances je plonge, mais ma tête reste à l'air libre, cherchant déjà prise pour le retour au travail assidu. Je suis ainsi faite: s'abandonner entièrement, n'est pas un verbe qui se conjugue à la première personne au singulier.

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