13 juillet 2001
Le vent tourne

Mes scouts reviennent de Calgary cet après-midi. Je suis allée les chercher avec leur père, mais j'aurai pu ne pas aller. Je n'avais pas plus hâte de les voir que ça, il faut croire qu'ils ne m'ont pas manqué... J'avais pensé à inviter à souper la fille et le gendre pour que nous soyons tous les sept ensemble ... Mais le vent a tourné vite. Trop vite à mon goût: d'abord le gendre a oublié de me confirmer, moi qui pensais qu'ils ont donc d'autre plan en vue. Dès son arrivée, l'un des scouts, le plus vieux décide d'aller au cinéma avec un copain, comme pour reprendre pied plus vite dans sa ville, il ne sera donc pas à table! ... Et, le comble, ma soeur la swami arrive à la fin du jour avec son disciple, lui, un inconnu, elle une "religieuse" qui a subi un traitement de canal avec les conséquences (fièvre, douleur, etc.). Donc, je n'ai pas assez à manger premièrement, deuxièmement, je n'ai rien de végétarien et puis la swami ne supporte pas des odeurs de cuisine et de viande ... J'étais coincée, non pas parce que c'était si dramatique, mais les jeunes sont quand même bruyants avec leurs grosses voix, en plus du deuxième gala Juste pour rire en direct à la télé ... Et ma pauvre soeur qui a très mal et qui aspire à un peu de repos, en fuyant le va-et-vient de son centre de yoga! Bref, le souper a passé tant bien que mal, la swami s'est assoupie, bâton d'encens aidant pour chasser les odeurs de cuisson ... Tard ce soir, je l'ai conduite à mon nid du nord pour qu'elle puisse se reposer ... Je suis partie comme ça, sans me changer, sans autre préparatif, laissant mes enfants de côté. J'avais des légumes pour la nourrir, de la glace pour son visage enflé, le flacon de Tylénol en renfort, et c'est tout.

En ce moment, elle est installée au lit avec des draps propres, un verre d'eau à portée, ses livres sortis, la statue de son défunt maître spirituel installée ... Malgré mes plans bousculés, je suis contente de m'occuper d'elle, ma soeur au loin (de Californie). Elle qui a choisi la voie du renoncement, elle m'est à la fois si familière, ma cadette de presque trois ans, et si lointaine par son cheminement. Ce qui me surprend aujourd'hui, c'est que malgré sa maîtrise du yoga à un niveau très avancé, malgré ses méditations quotidiennes et sa spiritualité élevée, face à la douleur, elle n'a pas de contrôle et subit comme nous tous. On n'échappe pas à ses conditions humaines par l'élévation d'une vie, mais de plusieurs ...

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