25 avril 2001
Une autre ...

Mauvaise nuit où j’ai dormi de l’autre côté du lit! Le côté qui n’est pas le mien depuis vingt-trois ans. En fait, quand j’ai eu a brillante idée à 3h du matin, de changer de côté de lit, j’ai dormi. Tant et si bien qu’au matin, j’ai demandé à monsieur de changer pour de bon. Il n’est pas sûr que je suis tout à fait sérieuse mais je pense que c’est un changement significatif pour moi qui voit un symbole partout.

Un autre jour dans cet hôtel pour la deuxième partie du congrès : encore quelques mains à serrer, quelques courtoisies, mais déjà, tout le monde redonne de l’importance à son téléphone cellulaire, tout le monde est là mais leurs yeux sont déjà repartis vers le monde extérieur. Leurs voisins de table sont passagers, personne ne fait exprès pour se présenter à un inconnu, personne ne donne leur carte d’affaires. Je suis, moi aussi, détachée, absente, plus soucieuse de ma cliente hospitalisée qu’autre chose. Une deuxième journée dans ma tenue très corporative (tailleur pantalon hier, robe stricte et veston assorti aujourd’hui, bleu noir bien sûr, avec escarpins). Hier, ça faisait changement de voir mon mari dans ses meilleurs atours, imposant et séduisant. Mais aujourd’hui déjà, pour tous les deux, c’est déjà plus comme nos habits de scène que la peau dans laquelle nous sommes à notre meilleur …

Un petit saut à l’hôpital dès la fin du congrès, dans nos habits de scène toujours, avec un beau bouquet de roses (et un vase, pour ne pas prendre le pot de chambre!!). La cliente va mieux, du coup, je suis apaisée d’une grande partie de mon stress des derniers jours. Ça dit tout sur l’état de vulnérabilité que je me suis laissée entraîner!

Un autre dossier de compléter, un autre dossier qui s’ouvre, un autre client, un autre souper manqué pour les enfants. Ouf! Je suis vidée de mes courtes nuits. Nous avons échoué tous les deux sur la banquette d’un restaurant, rompant mon vœu de ne pas manger au restaurant jusqu’à ce que mon poids revienne à la normale de santé. Mais pour une fois, je me laisse bercer par le brouhaha, les gens qui bavardent autour, la vaisselle qui tinte, le rire qui fuse, le serveur effacé, la lumière tamisée … Engourdie, tétanisée et lâche, j’ai l’impression enfin de me reposer!

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