21 avril 2001
D'un nid à un autre

Un petit saut vers mon nid des Laurentides, à deux, monsieur et moi! Soleil aidant, les talus de neige battent la retraite dans notre petit hameau de maisons. Derrière chez moi, dans sa cour, un voisin abat un arbre qui semblait malade. Le bruit de la scie mécanique, mêlé aux rires des enfants qui reconstruisent là-bas leur cabane sous le bois, fait écho jusqu’à la petite montagne en face. Les rideaux déplacés dans la maison devant nous indiquent que nos voisins sont de retour de Floride. Le printemps réclame son dû par tous les moyens …

Ce soir, pour faire changement, nous avons été souper chez le gendre et la fille. C’est toujours très agréable et rassurant de les voir dans leur nid, lui les yeux brillants, elle le babillage incessant. Mon gendre, après son DEC (fin d’études collégiales) a décidé de faire l’Institut de l’hôtellerie, spécialité cuisine classique française. Nous qui y voyons un idéaliste, un travailleur social ou un professeur, nous endossons quand même ses rêves. Peut-être est-il encore à la recherche de sa place dans le monde, non pas d’identité, parce qu’il en a une belle. De nos yeux de parents, nous redoutons la disparité de leurs deux carrières, cuisinier (ou chef s’il a du talent) et géologue. Mais d’une part, il a le temps pour se trouver, tout comme le temps d’une autre carrière. Pour l’heure, ils sont beaux, ils s’aiment et ils vivent sainement!

Bref, l’apprenti-chef nous a servi un repas où tout fut fait maison. Moi et ma cuisine de famille nombreuse, j’en apprend des différences (que je ne compte pas y remédier!). C’est quoi un fond de poulet? Non ce n’est pas un bouillon! Et une sauce demi-glace? … Les gâteaux qu’il fait sont si beaux, si parfaits, mais bien lourds en crème, en beurre et en sucre. Un vrai repas péché hier pour la diabétique que je suis!

Entre le repas et le dessert, ma famille, le plaisir de mes yeux, s’est jetée dans la piscine installée sur le toit de leur immeuble au centre-ville de Montréal. Du haut du vingt-et-unième étage, autour de moi, les édifices jettent mille feux. Profitant du fait d’être seuls entre nous, les fils ont essayer de caler le père qui se défend encore très bien, le lion face aux lionceaux. La fille évolue toujours comme une naïade sur les eaux, elle qui avait appris seule à nager au Vénézuela, dans la piscine de l’hôtel où nous étions. Son mari fait très grand frère, posé et calme. Je n’avais pas mon maillot (ça fait mon affaire!), après quelques photos, je me suis installée sur le bord, les jambes dans l’eau, échangeant quelques confidences avec ma fille.

Nous sommes revenus fourbus, repus et heureux. Une bien belle manchette du jour! En dépit du gaz lacrymogène et des manifestations à Québec! Qu’il fait bon d’être égoïste parfois!

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