19 avril 2001
L'entre-deux

Trois jours de soleil déjà, c’est presque inespéré! Mais le fond de l’air est frais : l’occasion est idéale pour faire le tri de sa garde-robe, tout en cherchant des vêtements adaptés à l’entre-deux saisons. J’ai même fait mieux : je profite de l’occasion pour demander à … mon mari de passer en revue mes vêtements, et d’en enlever d’autorité les morceaux qu’il n’aime pas me voir porter. Laissez-moi vous dire qu’il m’a fait donner douze blouses, deux robes et plus encore! Cela ne me dérange pas du tout, je porte des vêtements pour avoir un profil professionnel quand c’est nécessaire, sinon c’est pour le plaisir des yeux des miens, un point c’est tout. Personnellement je suis portée à être très conservatrice avec des crises d’excentricité parfois. Bien sûr, je porte ce qui me fait plaisir … et ce qui fait plaisir à mon époux, tant qu’à y être. Faut-il être antagoniste pour si peu ?

L’envie de ménage du printemps aidant, j’ai même le goût de trier et délester certains livres : vous savez, il y a de ces gros romans encombrants et obscurs, qui non seulement n’ont laissé aucune trace dans la littérature, en plus aucun écho dans vos souvenirs, quelque temps après leur lecture. Mais ils dorment là, sur des rayons de bibliothèque, bien ranger, peu touchés et jamais relus! Remarquez que ce sont les rayons les plus ordonnés de tous. Ceux qui abritent des livres les plus aimés sont toujours un peu pêle-mêle, un peu brouillon, un peu comme la disparité de leurs sujets traités, de leur taille et de leur épaisseur. Surtout avec moi qui a des goûts assez éclectiques en livres. Je devrais peut-être classer mes livres selon trois sections : les inutiles, les utiles et les aimés. Et puis j’établirais une règle de licenciement : tous les livres qui dorment dans la section des inutiles pendant un an, seront vendus ou donnés au printemps suivant! Non, pour leur sursis pendant un an, je devrais appeler cette section : « l’entre-deux »! Les livres en entre-deux seront, ou bien liquider, ou bien transférer à la section « utiles ». Quand à la section des aimés, elle prendra de l’importance avec le temps … J’aurai aussi une section intitulée « collections », comme ma collection de livres sur le bouddhisme, en trois langues (anglais, français et viêtnamien ), comme ma collection de journaux et carnets de vie, etc.

Parlant de « diary », je suis allée voir « Bridget Jones’diary » hier. C’est divertissant! Le personnage est très très bien rendu, ceux qui ont lu le livre avant le film, ne seront pas déçus. Pour ma part, le cadre d’un film a même amélioré ma perception parce que le film a éliminé des longueurs et des détails lassants qui s’enfilaient tout au long de deux livres de Hélène Fielding, « Le journal de Bridget Jones » et « L’âge de raison ».

L’entre-deux saisons est aussi propice pour les diaristes et leurs lecteurs, je pense. Les premiers n’ont jamais été aussi assidus à leur clavier et les deuxièmes non plus. Je m’imagine difficilement recevoir un mail du « pays d’en bas », de Melbourne plus exactement. Mais cela vient de m’arriver. Oui, monsieur! L’internet m’impressionne toujours pour cette capacité de communication. Et un lectorat intelligent est toujours redoutable par sa capacité de lire entre les lignes, en plus de ce qui est sur les lignes. Mais sa capacité compréhensive est définitivement animée par les cordes de la communication émotive, voire « kinesthésique ». Bref, une intelligence émotionnelle doublée d’un ressenti « par les tripes ». Un miracle, en tenant compte du contexte virtuel!

Qu’est-ce que j’ai envie à cet instant même ? Une escapade dans mon refuge, demain, avec mon garçon tendre ! Pourquoi? Pour rien! Faut-il justifier chacun de nos envies …

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