16 avril 2001
Déconnectée ...

Toute la journée dans mes affaires … le soir commence à tomber et je jongle toujours avec l’idée de sortir sans arriver à me décider! Pour un lundi de Pâques où certains travaillent, d’autres pas, c’est facile pour moi de ne pas … Alors j’essaie de revitaliser quelques plantes rabougries en leur inondant de vitamines et d’eau! Et puis, je revendique mes droits sur le balcon de ma chambre en arrachant d’un geste décidé le ruban gris épais qui calfeutrait les fentes béantes. Sur la petite terrasse, mon mari dispose les chaises blanches puis s’installe d’emblée sur celle du coin. Après quinze minutes, je rentre dans la maison, éblouie par le soleil, mais je me garde bien de protester!

Pourtant, j’ai pris ma douche, je me suis habillée tôt depuis le matin, puis enfilée mes sandales à talons, mais je vais et viens dans la maison, tripotant mes affaires, lisant quelques diaristes, écrivant un peu, laissant vagabonder mes idées sans fin. Je m’écoute vivre, je m’écoute aller, attentive et appliquée. Sans avoir à me forcer, la suite dans mes idées ne s’impose pas, et je me laisse faire. Comme portée par le courant du jour lumineux sur un fond d’air frais. Je me disais bien qu’il faut au moins faire la liste des choses à faire, mais … demain n’est pas trop tard. Un appel téléphonique à 8h40 ce matin pour me réclamer une petite facture de $58.14, négligée depuis 60 jours, que j’ai dû régler en montrant, non pas patte blanche, mais Visa platine … Rien n’y fît, les chiffres glissent sur moi comme canard sur surface tranquille d’un étang. Dès que j’ai reposé le combiné du téléphone, je retourne sans peine dans mon doux flottement. Pourtant, je vaque à mes occupations … avec détachement, comme déconnectée …

J’ai lu les trois journaux accumulés depuis deux jours, laissant les suppléments sur le Sommet des Amériques de côté pour essayer d’alimenter la connaissance de mes fils, découpant les articles sur quelques nouveaux livres pour la prochaine descente en librairie. Tiens, je vais envoyer cent dollars pour cette loto menée par Terre sans frontières. Cent dollars pour une chance sur trois milles de gagner une Mercedès décapotable de l’année ou cinquante mille dollars. J’aimerai bien aller voir le film « Journal de Bridget Jones » avec ma fille, mais elle est dans ses préparations d’examens. J’aimerai bien voir le film « The House of Mirth », et de nouveau « Tigre et Dragon », mais je suis toujours ici, bien installée dans mes pantoufles!

Il y a deux soirs, je suis allée voir le spectacle de Chants et Danses sur l’Art mystique du Tibet. Malgré que c’est la première fois, il me semble que c’est du connu. Mais je m’y prête à la soirée de bonne grâce, pour financer d’une certaine façon, les actions de ce mouvement pour la survie de la culture tibétaine en exil. Maintenant que j’y pense, est-ce cette soirée qui m’a aidée à rester si déconnectée aujourd’hui?

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