05 avril 2001
Fièvre ...

… du printemps! Je le dis tout doucement pour que le soleil ne quitte pas, pour que les neiges fondent et que le gazon respire. Il fait beau sous un ciel bleu sans nuage! On dirait que les habitants ont pris la ville d’assaut : j’ai fait plusieurs déplacements aujourd’hui et les routes sont bondées. Il y a certainement des gens dans la rue, sous prétexte d’une quelconque commission pour profiter du soleil et du plein air. Quoique, certaines effluves flottent dans quelques coins trop humides, trop pourris de sacs de poubelle enterrées depuis des mois, maintenant au grand jour. Le long du trottoir devant chez moi, le tracé sauvage de terre et de gazon arrachés par le tracteur qui déblayait le passage, comme une cicatrice laissée par l’hiver. Sur la chaussée, plusieurs nids-de-poule que les chauffeurs contournent quand ils le peuvent. Certains disent que nos rues se comparent aux rues de Beyrouth que je ne connais pas donc je ne peux discuter de la comparaison. Mais je suis sûre que la comparaison n’est pas pour parler des rues de Beyrouth, mais de Beyrouth, la ville ravagée par une guerre insidieuse. On reconnaît le sens du mélodrame bon enfant de ces grands gâtés de nord-américains!

Les projets de célébration des cinquante ans de mon mari, après quelques idées grandioses, se sont résorbés à l’essentiel. En premier je pensais à un souper dansant à l’Auberge suisse de Morin-Heights, l’endroit de prédilection de mon mari. Mais nous ne sommes pas 100% sûrs du talent culinaire des nouveaux aubergistes. Puis je pensais prendre le train de nuit en chambre privée, Montréal-Toronto, en tête-à-tête. Mais les billets coûtent chers, il faut encore revenir , … Et puis qu’est-ce qu’on fait à Toronto avec un mari qui endure le musée et déteste magasiner! Finalement, nous irons souper demain pour une paëlla espagnole et irons chez ma sœur la dentiste pour une réunion familiale dimanche. Hormi ce programme officiel, je mijote quelques surprises pour le jour même, demain! Je crois qu’il préfère la tendresse au tape à l’œil!

Les scouts font un bazar ce week-end. Les activités de financement qu’ils mènent depuis plusieurs mois pour pouvoir se payer une traversée transcanadienne l’été prochain, commencent à peser sur leurs épaules zélées mais frêles encore. Nous les aidons comme nous pouvons, mais est-ce une raison pour avoir envie de tout vider la maison pour enrichir leur bazar? À moins que ce ne soient les symptômes de la fièvre du printemps …

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