24 février 2001 Dans la rue
Depuis quelques jours, je suis plus dans la rue que dans une maison, encore moins chez moi! Je n’ai même plus mon nid en tête et mon perchoir sert obligeamment chaque nuit, sans plus. Et la rue, c’est la neige, la glace, le froid, l’humidité, les pieds gelés, les doigts glacés, la voix tremblotante au téléphone cellulaire, les lunettes embuées, les gants qu’on égare, la voiture qui n’avance plus sans cause apparente, l’auto de la plus jeune soeur que l’on ne connaît pas dans laquelle on gèle plus que de raison. Voilà le menu des jours qui passent…
En dessert, ces funérailles de quelqu’un que je ne connais même pas, quelqu’un de plus jeune que moi, dont les enfants ont l’âge des miens! C’est l’occasion pour moi de vider tout mon réservoir lacrymal, sans possibilité d’endiguer le torrent, les kleenex n’étant jamais sous la main quand on en a besoin!
En pause, cette pièce de théâtre chez Jean-Duceppe, « Les oiseaux de proie », qui s’est déroulée impeccablement pendant que je dormais sérieusement par moments, non pas parce que la pièce est mauvaise, mais je profitais comme je pouvais de la pause!
En escapade, péripéties autour d’un restaurant où j’avais trop mangé, d’un superbe piano que la deuxième plus jeune sœur avait acquis, d’une sortie à la clôture du Festival Montréal en lumière où l’on n’a pas grand-chose à voir!
En prime, une idée pour souligner, au 18 mai, les deux ans de ce journal en ligne. Je dois faire l’envie des diaristes qui n’ont pas encore trouvé leur idée, et la risée de ceux qui se trouvent plus matures ou plus « cool » que ça! Que voulez-vous, j’ai comme idée de me laisser aller plus à mes excentricités dorénavant! Un jour, mes enfants vont me trouver « pas sortable », mais c’est encore le seul moyen pour les gens qui avancent en âge de se prouver qu’ils sont bien en vie. Sauf que je suis précoce en la matière! Parallèlement, je commence à utiliser de la crème anti-rides! En me regardant dans le miroir, je me moque de moi-même tout en me félicitant de m’occuper de moi! C’est ce que l’on appelle l’entre-deux-âges! (Plus tout à fait très jeune, ni tout à fait bien vieille) Le meilleur des deux mondes, on dirait!
Dans la rue donc, je trotte, un peu échevelée, en rien écervelée … Je tangue sous les vents, mais je reste bien en selle …
hier
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