09 février 2001
Pierrot la lune

Hier soir, j’étais partie travailler sans mes lunettes que nous avions cherché longuement, fouillant même dans le papier de linge sale, sans toutefois nous rendre à la poubelle. Heureusement que mes vieilles lunettes font encore pour conduire au moins. Quant aux lignes blanches à terre, aux sorties des autoroutes en changeant de voie d’avance, aux noms des rues, débrouillons-nous comme on le peut! Dans la soirée, un de mes fils retrouvait mes lunettes dans sa poche de pantalon! Mystère!

Et cette lune, la vraie, un beau disque rond et clair, suspendu au-dessus de nos têtes, nous accompagnait partout. Elle m’a gardée de bonne humeur, moi qui avait une feuille de route toute chambardée et qui devait encore sillonner la ville d’Est en Nord-Est. À un certain moment, j’étais en retard déjà, le téléphone sonnait, j’essayais de m’arrêter au coin pour répondre, un « squeegee » se précipitait pour me nettoyer le pare-brise, … Imaginez le tout : Sally qui n’a que deux mains, fouille dans son sac pour trouver ses sous, le téléphone ouvert sur les genoux, le « squeegee » qui marmonne, la cliente qui essaie de prendre des notes (en secrétaire improvisée), la lumière qui passe au vert, … L’enfer!

Aujourd’hui, il pleut … après une matinée de verglas! À la télé, comme tout « bon média qui se respecte », ils ramènent déjà le spectre du déglaçage des toits, etc. Moi, tout à fait tombée en enfance, les pieds (bottées certes, mais pauvres bottes de cuir!) dans les flaques d’eau et de neige fondante, je décollais avec mes ongles les plaques de glace sur la voiture. J’ai décollé en un seul morceau le moule de glace du rétroviseur. Mon mari m’a battue avec son grand moule du coffre arrière. C’est pas juste! (comme disent les vrais enfants). Mais ce soir, comme une grande, je travaillais pour le cinquième soir d’affilée. J’aurai pu reporter les rencontres, sauf que je n’ai pas d’autres moments pour les caser dans les prochains jours. Alors, je pars avec mon parapluie mais … je l’ai utilisé pour piquer dans la glace devant moi pour me donner un peu de mordant! Arrivée à destination, un charmant jeune homme (qui sentait la bière!) m’a offert son bras pour traverser la patinoire de trottoir. Pour en revenir, c’est mon client qui a fait le chevalier servant. Me voici de retour, saine et sauve!

En ce moment, mon grand scout profite de ses fameuses réunions pour traîner ses bottes au centre des jeunes. À quatorze ans et demi, à quelle heure pensez-vous qu’un jeune doit rentrer chez lui? Son jumeau a encore un autre tournoi de basket, mais dans les environs de la ville, alors papa fait le taxi … D’ailleurs, je viens de le rejoindre sur son portable/portatif/cellulaire (je ne sais plus ce que c’est l’appellation exacte, entre l’ordinateur « laptop » et le téléphone mobile!) : il décide de ne pas aller chercher l’autre moineau au centre des jeunes … Voyons voir comment il se comporte!

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