04 février 2001
Sally ... au rapport!

23h00, vendredi le 2 : Je suis toujours sur la route et au volant. Je serai dans mon nid dans quinze minutes. Mon fils qui a bavardé tout le long (j’adore d’être en tête-à-tête avec un de mes enfants, en auto, c’est presque le confessionnal, mais surtout, un vrai tête-à-tête!), a fini par s’assoupir. La route est bien noire, devant moi. Je n’aime pas les sections où les réverbères sont absents. On dirait le « no man’s land » entre deux municipalités!

23h20, même jour : Je suis rendue. Le plus jeune de mes frères aussi, deux minutes après moi! Le coffre de ma voiture se fait délester de son contenu : c’est ce que nous allons manger demain soir!

01h00, samedi le 3 : Je suis dans ma chambre et dans mon lit. De l’autre côté du couloir, les jeunes bavardent et ricanent, débutant leur fin de semaine de « cousinage » (je viens d’inventer le mot, « cousins » comme « voisins »). Ils sont quatre cousins, avec trois lits : je ne sais pas comment ils s’arrangent!

08h00, même jour : J’aurai voulu dormir un peu, mais … Je voulais faire des crêpes pour tous, mais je n’en ai plus envie! Croissants donc, pour certains, chocolatines pour d’autres! Un bol de céréales pour moi!

10h00, même jour : Nous partons pour le mont Avila, point de rencontre avec les autres familles du clan. Mon joueur de basket reste au fort, question de soigner son rhume. Je profite de son pantalon de ski, pour me tenir au chaud!

11h45, même jour : Enfin, tout le monde est là. Je ne vais pas quand même faire le pied de grue, pour le reste de la journée, à les attendre. J’ai donc acheté un billet en plus et … pour la première fois de ma vie, je me retrouve en remonte-pente! Je me sens bien ridicule, à moitié couchée sur le tube (ou la tripe!), en fait la grosse chambre à air bien gonflée!

13h00, même jour : Deux descentes plus tard, naturellement, je suis toujours en vie et tout aussi ridicule à la descente qu’à la montée. J’ai honteusement besoin d’aide pour m’extirper du tube, et de mes quatre pattes pour me relever! Si vous ne le savez pas déjà, vous le savez maintenant : je ne suis pas sportive, ni souple, ni légère! Même si la glissade sur tubes est à peine un sport, plutôt un divertissement!

14h30, même jour : Nous mangeons à l’extérieur : un sandwich plus que froid et un chocolat chaud! Pour les orteils gelés, un petit tour dans le chalet! Mais avec mes lunettes embuées, c’est fatigant! J’essaie de ne pas trop boire, pour éviter de devoir me déshabiller dans les toilettes (quatre petites cabines du côté des dames, pour des centaines de femmes et d’enfants, tout le monde fait comme moi donc!)!

15h30, même jour : Trois autres descentes à reculons! Je ne veux pas dire, par « en arrière », mais plutôt « pour faire comme les autres ». Les jeunes sont contents, c’est ce qui compte. Sauf quelques petits accidents, heureusement sans conséquence, tout s’est bien passé.

17h00, même jour : Je me sens dans un état second, et pour cause! J’avais oublié de prendre mon glucophage à midi : mon taux de glycémique s’est déréglé!

18h30, même jour : Vingt-deux personnes nourries au spaghetti!

20h00, même jour : Porto et fromage pour les grands, beaucoup de chocolats pour les petits!

21h30, même jour : Les uns sont au jeu de Scrabble, les autres sortent faire une marche. J’ajoute une bûche dans le feu de foyer, mais je commence à avoir hâte de me coucher!

22h20, même jour : Tant pis pour l’image de l’hôtesse modèle, je vais me coucher. Comment est-ce que j’ai fait pour m’endormir tout de suite, pour me réveiller aux cris et pleurs d’une petite nièce, et me rendormir si tôt, pour me réveiller encore quand mon frère s’est mis à houspiller les jeunes qui « cousinent » toujours allègrement (ils sont quatre cousins et deux cousines, six adolescents donc, de l’autre côté du couloir!) … Quelle heure est-il, je ne sais plus …

07h00, dimanche matin : Oh non, je veux dormir encore!

07h30, même jour : Hop! Debout! Il faut faire les crêpes pour quatorze personnes (les huits autres étaient reparties hier soir!)

09h20, même jour : Mon mari part travailler!

10h00, même jour : Tout le monde a quitté. Mes fils sont en haut. Je suis seule à jouir de la tranquilité et de la paix. Je me suis assise sur mon sofa pour la première fois de la fin de semaine. Une heure de paix bien méritée!

11h00, même jour : Nous repartons en ville! Dans le coffre, ce n’est plus l’épicerie, mais deux gros sacs de vidanges (nous ne pouvons rien laisser à découvert, les bêtes rodent la nuit et la grosse boîte de bois pour disposer des déchets, est bien ensevelie sous la neige!). Les garçons roupillent pour récupérer de leurs courtes nuits passer à « cousiner ». Moi, je chantonne pour essayer de ne pas dormir au volant!

13h00, même jour : Je vais sous la douche pour me replacer les idées, et me laver bien sûr (après deux jours à tenir les salles de bain libres pour les urgences de petits, j’en avais besoin!). J’ai des clients à voir, moi, … et très bientôt!

14h30, même jour : On dirait que la journée d’hier ne s’est pas passée. Je suis avec des clients, l’air sérieux et compétent! S’ils m’avaient vue hier!

16h10, même jour : Je viens de quitter ce jeune couple de clients! Vite, il faut manger avant de tomber en hypoglycémie!

17h50, même jour : Je ferme les yeux, j’essaie de me reposer dix minutes (assise dans ma voiture stationnée!), avant de voir le prochain client.

18h00, même jour : Me voilà devant un autre dossier, et j’ai l’air bien frais et dispos.

19h30, même jour : Je suis de retour devant l’ordinateur pour faire mes recherches, pour revoir les clients de l’après-midi.

22h00, même jour : J’ai eu le temps de revoir les clients, de discuter du dossier et de faire signer des documents. Plusieurs négociations en cours pour la semaine prochaine qui n’est pas encore commencée et qui démarrera sur les caps de roue, je le sens!

23h30, même jour : Je vous écris sous ce format de journal de bord. Ce n’est pas très littéraire. Disons que c’est un très petit genre, à défaut du grand!

0h49, lundi le 5 : Je bâille … Je ne met rien en ligne tout de suite … Je me relirai demain!

Pour ceux qui n’ont rien lu des lignes précédentes : Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes! J’ai passé la journée de samedi en plein air, sous un beau ciel bleu, les orteils gelés mais le cœur au chaud. Quand à la journée de dimanche, sous un ciel gris que je n’ai pu contempler, j’ai travaillé, les pieds dans la gadoue des rues, l’esprit clair et le cœur vaillant. Est-ce que ça paraît que je m’aime?

hier consulter les archives demain

retour à la page principale