28 janvier 2001 Samedi qui parle et dimanche qui se tait ...
Hier soir encore, tout le clan réuni, non pas pour festoyer, sobriété après-Noël oblige, mais pour être ensemble, et parler, parler, … Bien sûr, il y avait la soupe aux nouilles, une spécialité du centre du Viêtnam ( « bún bò Huê », Huê étant le nom de l’ancienne capitale impériale) que ma sœur préparait à merveille, mais c’était tout : presque pas de vin, pas de dessert, ni d’excentricité. Mais nous avons parlé de tout : du fait d’être le « Chinois » pour mon frère qui doit se faire respecter encore par ses collègues banlieusards qui confondent le mal du Québec avec la présence des immigrants, de l’identité culturelle de nos enfants et de leur intégration. Un frère disait que son fils devrait sortir ses poings s’il se fait trop agacer, un beau-frère disait que les siens devraient se placer en position de force en société pour être craints sinon aimés. D’autres parlent de morale, de bons sentiments, de force de caractère, etc… Rien n’est facile pour rien! Ils ont parlé longuement du Québec et de son projet de souveraineté, des Québécois et de leur ouverture à Montréal, et pas nécessairement ailleurs, de la Bourse, de la peut-être prochaine récession, des licenciements qui recommencent, des bas de laine qui s’imposent. Mais aussi de la sortie glissade sur tubes pour tous, samedi prochain, où nous serons les hôtes, de la pêche aux poulamons un jour, d’une virée en motoneiges pour les frondeurs (justement, trois accidents mortels ce week-end!), peut-être! De la vie, quoi!
Ce matin, fait assez rare, j’ai traversé le parc du Mont-Royal en voiture assez tôt. L’horizon est encore blafard, l’air cristallin et la ville angélique sous mes yeux. Si ce n’est que de ce rendez-vous vers lequel je me presse, j’aurai dû m’arrêter et me laisser porter par la légèreté de l’instant. Il me semble qu’il faudrait que je parte plus souvent de mon perchoir, pas seulement pour travailler, mais humer la ville et les gens. Je suis de plus en plus retranchée dans mon petit monde virtuel, des amitiés à distance, peut-être complètement faussées parce que ce que je connais d’eux n’est que quelques pièces de casse-têtes inachevés. Des histoires d’images brisées, de devinettes et de suppositions. Et puis moi, la solitaire, il y a des jours où le zoo dans la tête lâche ses brides et cherchent des poux! Peut-être qu’il y a un nom à ce phénomème : syndrôme prémenstruel ou déprime d’avant-anniversaire!
En ce dimanche, je ne me tais pas assez! Les dimanches passent trop vite, les lundis arrivent trop tôt! Y-a-t-il un grain de sable dans mon rouage, ou bien, les astres viennent de changer de position dans ce ciel bleu et vide?
hier
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