08 décembre 2000
Les cafés!

Les cafés à toutes les sauces si l'on peut dire! Entre collègues ou copains d'école, parfois la fausse cordialité vous amène à lancer d'un ton désinvolte: " ... on ira prendra un café ensemble! ..." ou bien: " ... on s'appellera pour un café!" Ensuite, rien du tout, il n'y pas d'avenir pour cette relation du bout des lèvres!

Les cafés à tous les goûts aussi! Parce qu'en fait, au lieu d'un café, vous prenez une tisane, un chocolat chaud, un thé! Ou même rien du tout, le café n'est qu'un lieu de rencontre, où on peut bien vous prendre, l'espace d'un instant (le temps de boire un café théorique) sans vous importuner. Le café, celui que l'on boit, s'accompagne bien d'un petit dessert ou d'un gros gâteau! Tout dépend des émotions que vous avez à avaler à ce moment-là! L'augmentation du nombre d'obèses ne dépend pas de la surabondance ou de l'accessibilité des sucreries, mais de l'accumulation des émotions négatives que nous avons collectivement et individuellement à digérer!

Les cafés à toutes les heures assurément! Pour ceux qui, comme moi, approfondissent ses amitiés autour d'une table, le café s'échange tôt le matin avec ceux qui campent leur profil de gens d'affaires efficaces. Alors, c'est un café vite descendu derrière la cravate, près de son bureau, avec échange d'informations, de quelques tuyaux plus ou moins fondés ou de corroboration de dates, chacun son agenda. Si l'on est maître de son temps, au lieu du contraire, certains prennent le temps du café-déjeuner, pas trop tôt le matin, ni trop tard, c'est-à-dire en avant-midi. De quoi avancer la relation un peu, sans trop se compromettre ... Il reste encore bien du temps dans la journée pour passer aux choses sérieuses. Pour d'autres amitiés déjà bien campées, c'est le café-lunch, au bistro, chez l'italien, le chinois ou l'habitant. Peu importe, souvent les discussions fusent, captant toute l'attention des deux côtés de la table. Alors le plat s'avale distraitement, le café n'est qu'un dessert pour finir. Quand la relation avance à grands pas, le café lui s'éternise, se boît tiède ou réchauffé, mais passe tout aussi distraitement que l'assiettée. Le poids lourd est le café-souper pour s'investir dans une relation de longue date, avec qui échanger confidences, connivences et balbutiements de rêves. Après une grosse soirée ensemble, on se quitte avec embrassades à profusion et promesse de se revoir très vite! Alors qu'en vérité, ce sera dans un an ou deux, ou jamais!

Pour moi, il existe trois autres sortes de cafés: le café-passe temps avec l'une ou l'autre de mes soeurs quand on s'ennuie un peu, le café-pont avec ma fille et mon gendre pour garder le pouls et le café-mise au point avec mon époux quand on a à se parler dans le casque! Ce café-là s'accompagne des nerfs ou des larmes, vide le sac, remplit les bonnes volontés, dissipe les humeurs et calme les esprits. Heureusement que ce dernier café se fait rare, très très rare!

Alors, pour tout vous raconter ma vie, vers novembre et décembre, je m'invite à plusieurs cafés, ceux que je promettais et ceux qu'on me relançait. À coup de deux ou trois cafés par semaine, sous toutes ses formes, vous comprenez que ma ligne et mon diabète profitent largement de ma civilité! Mon dernier café date de ce midi et mes amitiés progressent amplement. Dire que je n'ai pas fini! Et puis, où vais-je caser les cafés-relations publiques avec tous mes clients? Il va falloir improviser ...

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