30 juillet 2000 Faire la navette
Entre Montréal et le bord du lac, je fais la navette. Quatre fois depuis hier. C'est un peu trop, mais ma voiture fumait hier, tellement que j'ai dû l'abandonner aux mains des garagistes. Naturellement ils n'ont rien trouvé de grave, très mineur qu'ils disent! Et puis il y a encore eu un incident que je n'ai pas laissé à mon fils trop tendre le ravaler encore. Je l'ai plutôt fait parlé. Et il l'a fait jusqu'aux larmes. En tant que parents, nous essayons de ne pas trop donné des réponses toutes faites à une problématique que j'espère passagère mais propre à l'adolescence. Nous avons besoin d'un psy pour adolescent. Bref, hier soir, je ne pensais pas pouvoir dormir à cause de cette inquiétude. Pour passer le temps, je me suis mise à lire le bottin téléphonique des Laurentides. Savez-vous que c'est très divertissant? On y découvre des noms de rues bien bizarres. Et puis les noms des inconnus font écho aux gens que nous avons connu ou que nous fréquentons encore. Des flashs et des bribes d'anecdotes ou de bribes de vie nous reviennent comme ça. Les fragments d'émotions, de joie ou de peine renaissent. Je fais la navette donc, entre le présent et le passé. N'est-ce pas ce que je fais aussi entre mon cahier rouge et mes écrits actuels? Je l'ai toujours faite par ailleurs entre mes vieux livres (les incontournables qui ont pris place depuis mes années de lycée) et les nouveaux, acquis au hasard de mes virées en librairie. La navette entre mes différentes peaux, mes différentes quêtes, mes différents rêves. Une ronde incessante dans la recherche de l'équilibre.
Ce matin, nous avons laissé garçon trop tendre et son jeune frère à la campagne. Son jumeau était resté seul en ville depuis hier. Je ne suis pas tout à fait confortable de laisser un garçon derrière moi. Virée en ville donc, juste pour ramener ma soeur et son fils, faire quelques provisions et repartir avec mon grand scout, pour rejoindre les deux autres. Ce soir encore, je dormirais dans ce lit qui me berce si confortablement, après un autre jeu de Scrabble. Nous sommes si prévisibles!
Mon mari est au régime alcoolisé en ce moment. Depuis hier, et encore ce soir, il prend ses quelques bières, accompagnées de soleil et de baignade, ses quelques verres de vin en mangeant, son porto gourmand (ce n'est pas son petit porto, mais sa grande rasade!) avec le roquefort en renfort, puis son cognac en dessert! Naturellement il est heureux et il dort bien. Ce soir, sa cousine et son mari l'accompagnent joyeusement, ce qui fait doublement son bonheur!
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