03 juillet 2000
Limite territoriale

Nous déménagions aujourd'hui mon gendre. Les garçons font partie de l'opération parce que nous voulons qu'ils aient la perspective sur leur vie de jeunes adultes plus tard. Ils étaient enchantés et enthousiastes. Que voulez-vous, se voir au onzième étage d'un immeuble au centre-ville, avec ascenseur et piscine intérieure, la perspective est bonne et le standard élevé. Mais voilà, à peine revenus à la maison, deux des trois se préparent un sac, leur maillot et leur monnaie pour le bus et, à peine leur souper avalé, repartent voir leur beau-frère, sa piscine et leur flânerie dans la foule du festival de jazz. Ils vont aussi rester dormir! Nous voilà presque tout seuls. La maison respire! Mon mari et moi ne soupirons pas mais nous sommes devant la perspective des garçons qui ont agrandi leur limite territoriale ... Leurs ailes poussent plus fort, leurs jambes aussi.

Je ne suis toujours pas débarquée de monture, côté travail, mes dossiers s'étirent en plus! Je suis tour à tour en selle et au trot. Je ne galope pas trop sans tout à fait m'arrêter. Je me demande si je vais pouvoir partir vers la mi-juillet en paix. En tout cas, je ne suis pas du tout dans l'esprit de relâche.

Il me semble plutôt que je suis encore à me m'ajuster à tous les changements de l'année 2000: le gendre qui a été très proche, la fille qui n'est plus autant, les garçons qui amorcent un virage plus résolument adolescent, le travail qui ne dérougit pas ... Vaste territoire psychologique et une vision de l'avenir qui précise les contours et les formes de notre enracinement, je dirais même, le terreau de la génération future. En effet, mes enfants ne sont-ils pas le terreau de leurs enfants, mon prolongement vers le futur tel que nous ne soupçonnons pas et aussi mes racines plus profondément plantées dans la civilisation humaine, telle que nous la connaissons.

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