02 juin 2000
En chaleur

Voilà deux jours que je crève dans ma voiture sans air climatisé. Hier, je me suis un peu perdue à Laval, en plus ! Dans cette chaleur, avec le prix de l'essence en ce moment, c'est presque indécent de faire le quadrillage des autoroutes. Je bous littéralement quand il faut se rendre jusqu'à la prochaine sortie avant de pouvoir faire demi-tour. Aujourd'hui, j'ai refait le scenario, mais à ... Lachine! Attention, ce n'est pas de la Chine dont je parle, mais de Lachine, dans les environs de Montréal, où on accède que par autoroute et d'où on revient en prenant bien garde de ne pas se mélanger dans le paquet de spaghettis d'autoroutes qui vous amène vers tous les points cardinaux hors de l'île de Montréal.

C'est fou comme ça change, les us et coutumes, d'un coin à l'autre de la même grande ville. Moi qui est citadine jusqu'au bout des ongles, je ressens et je remarque les différences instantanément. À Lachine, loin de l'autoroute qui rend les abords poussiéreux et moches, il y a la route qui borde le canal, avec marina, vieille église et restaurant-terrasse: décor de carte postale qui m'a consolée un peu de mes périples en terre étrangère (quoi, on parle bien de La... chine!). Il y a aussi la rue commerciale si banlieusarde, si petite-ville de province où la pharmacie n'a pas de photocopieuse payante, d'où l'on m'a envoyée à un autre commerce qui fait tout (de la réparation de dactylos à la vente de composantes informatiques), donc des photocopies aussi, mais sur une petite machine sans compteur, qui fait une petite copie pépère (mémère, plutôt) à la fois, au coût de 25 sous la copie, au lieu de 5 ou 10 sous la copie, comme on a l'habitude de payer (dans la grande ville, je doit dire!). Et moi qui s'est précipitée bravement sur les autoroutes à l'heure de pointe, dans le four à quatre roues pour apporter des papiers à un notaire potiron qui ne travaille pas les vendredis après-midis. C'est bien du zèle pour une fille qui n'a pas d'ailes, ni d'éventail pour entretenir sa grâce et ses bonnes manières!

Pour ma récompense, hier soir j'ai rencontré une bonne amie découverte ici, l'an dernier. Notre café a duré toute la soirée. Ma journée d'aujourd'hui est restée sous le charme de cette rencontre, du moins, en-dehors de mes périples lachinois (est-ce que ça se dit?)... Espérons que le charme résiste aux aléas des saisons et que nous saurons demeurer vraies toujours! N'est-ce pas que cela s'applique à toute relation?

Ce soir, faute de fille, je fais le marché avec son futur. Étrange sensation que d'avoir sous son toit, un invité qui n'en est pas un, un enfant de quelqu'un d'autre (à six pieds trois, il ne passe pas inaperçu). Bien qu'il soit très bien intégré dans notre famille, le fait demeure qu'il ne mange pas nécessairement ce que mes enfants ont l'habitude de manger. Alors, j'ai trouvé le tour, je l'amène au marché pour qu'il trouve ce qu'il aime... et j'achète plus que d'habitude parce qu'il mange comme un homme! Alors donc, un invité, un autre homme, un grand enfant, un gendre: la maison est pleine, non, j'ai plutôt les mains pleines!

hier consulter les archives demain

retour à la page principale