28 mai 2000 Le souper des adieux
Depuis hier que les derniers préparatifs de ma fille s’éternisent. Depuis ce matin que j’ai presque hâte qu’elle parte pour retourner à mes affaires plus sérieusement. Depuis ce soir que ce n’est plus si évident la séparation de la belle et de son beau!
Hier soir, tard, très tard, mon mari et moi, nous sommes allés faire un tour à notre refuge, le temps de faire une bonne nuit, boire de la bonne eau, planter le lilas (je ne suis pas sûre d’avoir bien arrosé, bien "gâté" un petit arbre transplanté, que voulez-vous, je fais de mon mieux!) et tondre la pelouse. Que dis-je, c’est plutôt le massacre d’un champ de pissenlits! Mon mari passait la tondeuse, moi, j’arrachais les rescapés des bordures. Ce faisant, je me trouve un peu stupide parce que je n’ai trouvé aucune bonne raison pour couper ces belles fleurs jaunes toutes vigoureuses. Quand ils étaient petits, les garçons m’ont déjà apporté de tout petits paquets de fleurs de pissenlits. Et je les trouvais beaux!
Partis depuis vendredi soir, les scouts sont revenus crevés mais pas trop torturés par les moustiques. Le grand prend ses airs sérieux, importants, même désagréables parce qu’il est tourné vers lui-même, s’illusionne sur la relance du scoutisme (il veut même passer des annonces pour recruter des nouveaux), tout à fait investi dans son rôle de nouveau chef! Le petit est fier, plein d’assurance, discipliné. Entre les deux, le non-scout, mon joueur de basket, fait le singe, raconte le match de hockey en demie-finale qu’il a vu à la télévision, plein d’énergie à revendre (il n’a rien fait, ce week-end!). Un moment fébrile et tendu!
Souper au restaurant dans le Vieux Montréal, tous les sept, invitation du fiancé pour le départ de sa belle. Sous un dehors serein et des airs enjoués, la fille avait pleuré, le gendre était triste, les scouts très fatigués, le non-scout avait très faim et les parents font semblants de rien. Puis les garçons rentrent se préparer pour demain, lundi, papa se dépêche pour un rendez-vous tardif de négociation, maman amène les amoureux faire leurs adieux aux grand-parents!
Ce soir, je me tiens sur le qui-vive pour les dernières urgences, le gendre, mon cinquième enfant a disparu dans la chambre, il paraît que c’est son tour de pleurer! Ma fille finalise son énorme sac à dos, charge ses piles, note les dernières adresses d’amis (à qui nous devons envoyer le faire-part dans quelques semaines) ... J’évite toute parole dramatisante, la petite se tient aux détails pratico-pratiques pour garder sa tête ... Je les laisse à leurs adieux d'amoureux!
hier
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