12 mai 2000 Cohabiter
Hier, en fin de journée, traversant un pont, en contre-sens du traffic, nous sommes allés tous les quatre, le père de la promise dans sa belle chevelure poivre et sel, le futur marié en pantalon de toile d'été, la petite toute de noir vêtue et sa mère qui se sentait plus que jamais, gérant d'artistes, sur les lieux où se déroulera ce fameux marriage, en août prochain. Je nous aime ainsi, l'air tranquille et flâneur, avec un fond d'excitation qui se dessine. Tiens, voilà la pergola sous laquelle les voeux seront prononcés. Voilà, les parterres de roses et les allées dans lesquelles des enfants endimanchés s'échapperont. Le fleuve coule pas loin. S'il peut faire beau mais pas trop chaud. Je nous vois, heureux, joyeux, souriants, le coeur généreux pour les uns et les autres!
Aujourd'hui, pour mettre ce grand garçon tout à fait à son aise, je l'ai aidé à nous concocter un délicieux déjeuner pour trois. Nous voilà attablés, mon mari, mon cinquième enfant et moi-même, pour ce repas improvisé. Curieuse sensation d'être là dans la cuisine, à cohabiter avec ce grand jeune homme, ni tout à fait mon fils, pas encore mon gendre. Surtout lorsque ma fille n'y était pas. Sans ce trait d'union, la structure relationnelle tient par maturité réciproque plutôt qu'obligation. Quand ma fille partira pour son travail d'été, dans deux semaines, il sera avec nous encore pour un mois, avant de prendre possession de leur logis.
Depuis trois jours qu'il est à demeure, ce jeune homme assume avec sérénité, le rôle de grand frère d'office pour les autres. Sans les désagréments du vrai grand frère avec droits et position de tête, mais avec le rôle de modèle du leader naturel.
|