07 mai 2000 Bicyclettes
Encore une journée typique de la famille moyenne: ménage du garage et installation du climatiseur. Nous voilà prêts pour affronter l'été. Dans le garage, sept bicyclettes bien alignées. Ce n'est pas une écurie de Grand Prix ou de Formule Un mais c'est la Formule familiale un peu avortée depuis dix ans par ma faute. Je vous raconte...
Il y a plus de dix ans, j'étais tombée de bicyclette. Les genoux écorchés étaient le moindre mal, l'orgueil, lui en prenait un coup! Moi qui s'est avisé de chuter alors que plusieurs étaient là à me regarder! Dans la semaine qui suivait, je me suis dit qu'il faut absolument que je réenfourche la bécane avant d'en être effrayée pour de bon. L'orgueil m'a suggéré de m'y prendre le soir, comme ça, personne ne me regardera. Mal m'en prit, j'étais bien embarquée sur la bicyclette, je roulais... sans oser m'arrêter, de peur de tomber (j'étais tombée en débarquant, pas en roulant). Je ne sais plus combien de tours j'avais fait, mais je me souviens d'être terrorisée avec les phares des voitures qui m'aveuglaient devant et d'autres qui m'éclairaient comme en plein jour de derrière. Quand j'ai fini par arrêter et rentrer dans la maison, j'ai décrété que c'est fini pour moi, la bicyclette, pour toujours. Depuis, chaque été, mes enfants m'encourageaient, se désolaient de ne pas me trouver au-près d'eux dans leurs randonnées. Mon mari insistait plus encore. L'année dernière, il voulait que je les accompagne avec le tricycle de notre vieux voisin. Je refusais mais je me disais qu'il va falloir que je fasse mon effort pour le plaisir des garçons. Cet après-midi donc, j'ai pris la bicyclette de mon plus jeune (celle de l'an dernier, trop petite pour lui maintenant) et j'ai réussi à faire un petit 100 mètres! Mon mari d'un côté, mon plus jeune de l'autre, comme un enfant de cinq ans! Le premier pas est fait mais je suis encore loin des randonnées! Mon plus jeune, l'éternel optimiste, me voit déjà au Tour de l'Île en juin, avec eux!
Au cinéma avec les garçons, pour la première fois depuis l'été dernier, "Gladiateur" m'a donné mal à la tête avec la musique trop forte, l'écran trop grand, les lourdes lames et les têtes qui tombent. Un film impressionnant qui rappelle bien Ben Hur et compagnie. Il me semble bien qu'on y voit plus de sang que dans le temps. Et Richard Crowe est aussi beau que Charleton Heston! Les garçons ne semblent pas impressionnés vraiment par toute cette violence, occupés qu'ils sont avec le gros sac de popcorn et la grosse liqueur! Et à se lever à quelques reprises pendant le film pour en reprendre! (au comptoir, ils pensaient nous avoir avec le gros prix pour le gros sac et le gros verre de carton pour une formule de remplissage à volonté, mais ils ne connaissent pas l'esprit des familles nombreuses: à six, nous avons pris un seul sac et un seul verre, avec plusieurs pailles et une tonne de serviettes de papier - pour les doigts gras du beurre du popcorn - et le garçon assis au coin, est en charge de retourner faire le plein) Je peux vous dire que les garçons ont pratiquement soupé au popcorn, et moi droguée au café Starbuck à remplissage libre aussi!
Pas de virée dans mon refuge cette fin de semaine, alors que l'envie ne manque pas, mais la paresse a primé et le fort de prix de l'essence nous a raisonné! En faisant ma marche tôt ce matin, j'admirais le vert tendre des feuilles sur les haies et je contemplais les tulipes chez les autres. Les miennes sont orphelines, là-bas, à la campagne. Sont-elles toutes sorties? toutes belles? ou toutes tristes? Bientôt...
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